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Gaétan Châteauneuf ne tire pas les ficelles de QS, assure-t-il

Dominique Scali

 - Agence QMI

Le mystérieux «chef» de Québec solidaire est un retraité qui fait des appels et colle des timbres sur des enveloppes pour le parti, a expliqué Gaétan Châteauneuf vendredi à propos de son rôle.

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«Je fais le travail administratif. C’est moi qui signe la paperasse», dit M. Châteauneuf, 60 ans. Cet ancien mécanicien syndicaliste est en fait le secrétaire général du parti depuis deux ans.

Pendant le débat des chefs de TVA, jeudi soir, Jean-François Lisée a questionné Manon Massé sur qui était le véritable chef de Québec solidaire, le parti ayant deux co-porte-paroles mais pas de «chef» connu. Il a ensuite laissé entendre que quelqu’un «tirait les ficelles» dans l’ombre.

«Voyons donc, c’est ridicule. Ça m’a fait rire! Je n’ai aucune autorité sur personne», s’est-il exclamé.

Pendant la campagne électorale, M. Châteauneuf fait le travail d’un bénévole : distribuer des tracts, appeler les électeurs de Laurier-Dorion, coller des timbres sur des enveloppes.

La fonction de «porte-parole» d’un parti n’existe pas pour le Directeur général des élections. Alors c’est le secrétaire général - M. Châteauneuf – qui est officiellement le chef.

Selon la loi électorale, un chef de parti en est son ultime responsable. Il autorise les candidats, signe les rapports financiers, désigne les représentants et officiers électoraux.

Mais toutes ces décisions sont prises soit par le congrès des membres de QS, le conseil national ou comité de coordination, dit-il. M. Châteauneuf appose ensuite son sceau, mais il ne pourrait pas refuser un candidat, contrairement à François Legault qui peut «refuser n’importe qui», illustre-t-il.

«Neutralité»

Il est aussi responsable d’organiser le congrès des membres de QS, pendant lesquels il tient à garder une certaine «neutralité».

Si QS en venait à former un gouvernement, c’est Manon Massé qui serait première ministre, un fait qui est connu depuis des mois, a-t-il rappelé.

Cette décision avait été votée par le congrès réunissant des centaines de membres. Pour que quelqu’un d’autre siège comme premier ministre, il faudrait un nouveau vote du congrès, explique-t-on au parti.

«On ne s’immisce pas dans la régie interne des partis», explique de son côté Ahissia Ahua, porte-parole d’Élections Québec.

Le chef d’un parti peut donc légalement ne pas siéger à l’Assemblée nationale et ne prendre aucune décision réelle, mais il est imputable en cas d’irrégularités dans les rapports financiers, explique-t-elle.

Lisée «désespéré»

«Mais quelle mouche a piqué Jean-François Lisée?», s’est exclamé le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois en conférence de presse vendredi.

Il a émis l’hypothèse que cette attaque serait un symptôme du fait que le chef du Parti québécois est en danger dans sa propre circonscription de Rosemont. «M. Lisée est désespéré. Il a perdu le sens des priorités».

Le chef péquiste a tenu à poser cette question dans le cadre d’un échange portant sur la santé, même si l’animateur Pierre Bruneau tentait de le ramener à l’ordre.

«Au lieu de parler des infirmières en burnout, des listes d’attente dans les urgences, de nos aînés dans nos CHSLD, la grande priorité de Jean-François Lisée, c’était de poser des questions sur la structure interne à QS», s’indigne M. Nadeau-Dubois.

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