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Le chef «caché» de Québec solidaire pourrait-il devenir premier ministre?

TVA Nouvelles

La question de Jean-François Lisée à Manon Massé lors du Face-à-Face diffusé à TVA et LCN sur la gouvernance réelle de Québec solidaire (QS) soulève certaines interrogations.

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Sous la catégorie «chef du parti» dans la section Québec solidaire du site d’Élections Québec, c’est le nom de Gaétan Châteauneuf  que l’on retrouve, et pas ceux de Manon Massé ou de Gabriel Nadeau-Dubois, les deux co-porte-paroles bien visibles de la formation politique.

Mario Dumont s’est entretenu avec Patrick Taillon, spécialiste en droit parlementaire pour mieux comprendre ce qu’il adviendrait dans le cas où Québec solidaire serait élu à majorité.

Q: Quels sont les lois ou les éléments constitutionnels qui rentrent en ligne de compte dans ce rôle de chef du parti?

R: Il y a trois questions et trois débats qui se mélangent dans l’intervention de Lisée d’hier.

D’abord qui serait premier ministre dans la logique parlementaire?

Les réponses apportées par Québec solidaire sont claires, ce serait Manon Massé.

Toutefois au sens de la loi électorale, qui est chef? C’est M. Gaétan Châteauneuf. Il a déjà été candidat pour le parti. (Il ne l’est pas actuellement.) C’est lui qui occupe tous les pouvoirs prévus par la loi. Ce sont des pouvoirs importants.

La troisième question c’est : qui décide politiquement dans Québec solidaire? Et là on sentait dans l’intervention de Jean-François Lisée toute l’amertume qui date de la convergence où des représentants de Québec solidaire étaient venus négocier quelque chose.  Mais avaient-ils vraiment le mandat? Ils ont été désavoués par la suite...

Q: C’est le sous-entendu de Jean-François Lisée, les forces occultes du parti. Il y a des gens qui sont plus puissants dans le parti... On ne peut pas les questionner, on ne peut pas les voir ces gens-là.

R: Au niveau de la loi électorale, ils ont une façon originale et différente de faire les choses, mais qui crée ce décalage entre la personne qui officiellement exerce les pouvoirs prévus par la loi et les co-porte-paroles qui participent à influencer M. Châteauneuf.

Ça a des conséquences importantes. Après le départ de Françoise David, il y a eu une course au leadership, en 2017 et QS a échappé à l’application des dispositions sur les règles relatives à l’encadrement des dépenses du financement des campagnes au leadership dans les partis.

Q: Avant 2011 les campagnes au leadership n’étaient pas encadrées par des règles de financement.

R: Il y avait une faille, dorénavant il y a des règles auxquelles échappe Québec solidaire. Il ne s’agit pas d’une course au leadership, mais une course au co-porte-parole. Depuis, ils affirment s’être conformés à l’esprit de la loi.

Q: Qui serait premier ministre? Québec solidaire nous dit que ce serait Manon Massé, mais reste que dans les livres de droit constitutionnel, c’est le chef du parti qui devient premier ministre.

R: Vous touchez un point. M. Châteauneuf ne serait pas membre de l’Assemblée nationale. Ça coupe court au débat. (Il ne pourrait pas être premier ministre.)

Faut comprendre que notre constitution est désuète et archaïque et les textes ont peu évolué.

Écoutez l’entrevue de Mario Dumont avec Patrick Taillon dans la vidéo ci-dessus.