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La tornade les laisse sonnés

Camille Garnier et Sarah Belisle et Axel Marchand-Lamothe | Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Au lendemain de la tornade de force 3 qui a ravagé Gatineau et Ottawa, les sinistrés étaient partagés entre la stupéfaction face aux énormes dégâts occasionnés et la gratitude qu’aucun mort ne soit à déplorer.

«C’est la même maudite affaire que dans les films. C’est un vrai miracle [que personne ne soit mort]», s’exclamait samedi François Fournier, un retraité de 63 ans, résident à Gatineau.

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La tornade venue de l’Ontario, qui a semé vendredi la dévastation sur son chemin et endommagé plus d’un millier de logements dans les deux villes, était de force 3, comme l’a indiqué Environnement Canada, avec des vents à plus de 230 km/h.

Autos volantes

À Ottawa, où les vents ont dépassé 265 km/h, des voitures ont été projetées dans les airs.

Samedi, à Gatineau, des citoyens s’affairaient à nettoyer les nombreux débris qui jonchaient les rues.

Le bruit presque incessant des scies à chaîne d’une centaine d’émondeurs professionnels et amateurs était entrecoupé de cris de sirènes des services d’urgence.

Le chaos

«C’était le chaos vendredi soir, résumait Florent Dumais, un Gatinois habitant rue Jumonville. Les gens ne savaient pas quoi faire. Certains paniquaient, d’autres pleuraient. On a été super bien traités dans les circonstances par les intervenants.»

Vendredi soir à 23 h, les bénévoles de la Croix-Rouge continuaient d’accueillir des sinistrés au Campus Gabrielle-Roy du Cégep de l’Outaouais, où un centre de services avait été installé. Une cinquantaine de familles vulnérables avaient aussi été placées dans des chambres d’hôtel.

Électricité

Les pannes d’électricité qui affectaient Samedi matin plus de 38 000 citoyens de Gatineau dans la région se résorbaient progressivement, même si environ 15 000 personnes restaient touchées en soirée.

À Gatineau, on voyait les lampadaires aux abords du boulevard Mont-Bleu, près de l’autoroute 5, se rallumer un à un.ENCADRÉ

Quelques données sur l'événement

275 bâtiments endommagés ou détruits

1686 logements endommagés ou détruits

25 blessés dont six hospitalisés

684 personnes inscrites au centre des sinistrés

Une tornade urbaine

Avec des vents à plus de 230 km/h, la tornade de force 3 qui a balayé des quartiers de Gatineau et d’Ottawa vendredi pourrait s’avérer l’une des plus coûteuses jamais enregistrées au Québec.

Depuis 1985, seulement une demi-douzaine de tornades de force 3 ont frappé la province, le plus souvent en zone rurale. Cette fois, compte tenu du nombre de sinistrés et de l’ampleur des dégâts aux immeubles des deux villes, le météorologue Gilles Brien estime que les dommages friseront 50 millions $.

Zone sinistrée

Le secteur de Mont-Bleu, à Gatineau, avait des airs de champ de bataille au lendemain du passage d’une des tornades les plus violentes de l’histoire du Québec.

«Le vent m’a projetée sur le mur. Le miroir s’est cassé et je suis tombée sur le verre brisé. C’était effrayant. Les gens se tenaient sur les arbres. J’ai vu un char voler.»

- Michelle Auger, résidente de Gatineau

«C’était effrayant. Mes deux enfants sont traumatisés. Ils craignent qu’une autre tornade arrive. On a reçu l’alerte et cinq minutes après, on voyait passer des balcons arrachés par la fenêtre.»

- Krystel Sauvé, résidente de Gatineau

Que sa brosse à dents

«Je suis partie seulement avec ma brosse à dents et de la pâte. On n’a plus rien, plus rien», souffle Sylvie Beaudin, en larmes en constatant les dégâts laissés par le passage de la tornade.

«Je suis partie seulement avec ma brosse à dents et de la pâte. On n’a plus rien, plus rien», souffle Sylvie Beaudin.

Axel Marchand-Lamothe

«Je suis partie seulement avec ma brosse à dents et de la pâte. On n’a plus rien, plus rien», souffle Sylvie Beaudin.

«Le bruit que ça a fait quand les fenêtres ont éclaté, c’était épouvantable. Il n’y a pas de mots pour le décrire», dit la mère de famille qui, seule à la maison, a trouvé refuge dans la salle de bains.

Les appartements au-dessus des siens sur la rue George-Bilodeau ont été complètement désintégrés.

«Je ne sais même pas si je pourrai retourner récupérer mes choses», glisse la dame, encore sous le choc en regardant son immeuble.

Élan de solidarité

Au lendemain de la catastrophe, l’heure était au nettoyage à Gatineau, où les citoyens se serraient les coudes.

Au lendemain de la catastrophe, l’heure était au nettoyage à Gatineau.

Axel Marchand-Lamothe

Au lendemain de la catastrophe, l’heure était au nettoyage à Gatineau.

«Dès 7 h 30, il y avait des gens qui venaient couper des branches. C’est tellement une belle marque de solidarité», mentionne Claudine Lenoir, une résidente de la rue du Ravin-Bleu.

«C’est miraculeux qu’il n’y ait pas eu de mort. Ce n’est vraiment pas grand-chose, nous, on a été épargnés», ajoute Yolande Cloutier, venue aider à ramasser des débris.

«Les gens sont vraiment résilients et courageux. C’est beau de voir l’entraide», mentionnait aussi M. Bulot, originaire du nord de la France, en train d’aider une amie sinistrée de la rue Talbot.

Un peu plus loin sur la rue Riel, des dizaines de personnes morcelaient les arbres fauchés.

«Je n’ai jamais coupé autant de bois de ma vie!» lançait en riant Richard Lafleur, un comptable de formation, mais émondeur amateur pour l’occasion.

- Avec Sarah Belisle et Axel Marchand-Lamothe

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