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Commission de la sécurité publique

Diverses recommandations pour la sécurité des piétons et des cyclistes

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

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SARAH DAOUST-BRAUN/24 HEURES/AGENCE QMI

Augmentation du nombre de contraventions, meilleurs aménagements routiers, passages protégés pour piétons : les élus montréalais et les représentants de la police de Montréal ont écouté lundi soir une variété de recommandations de citoyens soucieux d’améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes.

Une quarantaine de personnes s’étaient inscrites pour poser des questions lors de l’ouverture de la séance de la Commission de la sécurité publique sur la sécurité des piétons et des cyclistes, qui se tenait à l’hôtel de ville.

Les citoyens ne se sont pas tous présentés au micro, mais plusieurs d’entre eux ont profité de l’occasion pour émettre diverses recommandations et commentaires, bien notés par le Service de police de Montréal (SPVM), mais aussi par les élus du conseil municipal.

Certains ont exigé, par exemple, l’augmentation du nombre d’opérations policières, l’implantation de feux sonores aux intersections où des collisions ont été enregistrées et une plus grande application des nouvelles dispositions du code de la sécurité routière, entre autres, sur la distance entre les piétons et les cyclistes.

Des meilleurs aménagements routiers ont aussi été demandés, comme l’augmentation de pistes cyclables dédiées, tout comme le port obligatoire du casque pour les cyclistes. Sur ce dernier élément, le président de la Commission de la sécurité publique Alex Norris a rappelé que son administration encourageait fortement son utilisation, mais s’opposait à son obligation parce qu’elle tendrait à réduire le nombre de cyclistes sur les routes.

Comportements à risque

Le docteur et chercheur Patrick Morency, associé à la Direction de la santé publique de Montréal (DSP) et à l’Institut de recherche en santé publique de l'Université de Montréal, a par ailleurs exigé un changement de paradigme à la suite de la présentation du SPVM.

«Je ne comprends pas pourquoi on cible les comportements des piétons et des cyclistes dans les interventions, mais plutôt qu’on cible ce qui pose un risque aux piétons et aux cyclistes», a-t-il indiqué, ayant l’impression que le SPVM dressait un bilan des activités du corps policier plutôt qu’un portrait de la sécurité routière.

Selon la présentation du SPVM, la majorité des constats d’infraction remis aux piétons concernent le non-respect du feu rouge (58 %) et du feu de circulation (6 %), ne pas traverser à l’intersection (15 %), être sur la chaussée (10 %).

Du côté des cyclistes, les contraventions sont attribuées pour le non-respect de la signalisation (27 %) et des feux rouges (9 %), le port d’écouteurs (13 %), et circuler en sens contraire (10 %).

Sylvain Dubois, représentant la section sécurité routière pour le SPVM, a plus tard précisé que les principaux constats d’infraction remis aux automobilistes concernaient la vitesse, l’arrêt obligatoire, le non-respect des feux jaunes et le cellulaire au volant, assurant que le but de la présentation n’était pas de mettre la faute sur un usager plus qu’un autre. Le SPVM a assuré qu'il adhérait à la stratégie «Vision Zéro» dans les rues.

La Ville de Montréal a l’intention de dévoiler plus tard cet automne son plan d’action «Vision Zéro», lié à cette approche zéro décès et blessés graves à laquelle elle a adhéré en 2016.

Depuis le début de l’année, 15 collisions mortelles impliquant des piétons, trois impliquant des cyclistes, et trois impliquant des conducteurs ont été enregistrées par le SPVM.

À la même période de l’année en 2017, 11 piétons, trois cyclistes et cinq conducteurs avaient été impliqués dans des collisions mortelles.