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Un locataire expulsé frappe son propriétaire avec une masse

Caroline Lepage | Journal de Montréal

Paul - stock.adobe.com

Fâché de devoir déménager, un locataire a donné un coup de masse au visage de son propriétaire et lui a fracturé le nez.

Le locataire Loïk Gosselin Kennes a été reconnu coupable d’avoir commis des voies de fait armées contre son propriétaire le 30 juin 2017, parce qu’il était fâché de devoir quitter la résidence où il avait grandi.

La victime venait d’acheter avec sa conjointe l’immeuble appartenant aux parents de M. Gosselin Kennes. Comme le couple voulait effectuer des travaux majeurs, il a transmis un avis d’éviction à M. Gosselin Kennes, qui a déménagé le 25 juin 2017.

«Décâlisser»

Cinq jours plus tard, M. Gosselin Kennes et sa conjointe se sont pointés à leur logement pratiqueement vide et n’étaient pas de bonne humeur de voir les propriétaires, qu’ils considéraient comme des intrus, travailler sur le terrain. Selon le témoignage du locataire, au procès, il leur a demandé de «décâlisser».

Le propriétaire coupait des arbustes avec une scie à chaîne. Le locataire s’est approché de lui avec une masse que le propriétaire avait amenée. Il s’est servi de l’outil pour donner un coup sur la scie que manipulait le propriétaire puis l’a ensuite frappé au visage et lui a fracturé le nez.

«Aussitôt le coup au visage reçu, (le propriétaire) saigne abondamment», rapporte le juge Serge Champoux, dans son récent jugement.

Compte-tenu des versions contradictoires, le juge n’a pas retenu les possibles coups de poing que le propriétaire aurait livré à son adversaire, avant d’être projeté au sol.

Un voisin a dû intervenir pour les séparer et les policiers sont arrivés peu de temps après.

Pas de légitime défense

Le juge Champoux n’a pas cru l’accusé qui disait avoir utilisé la masse comme légitime défense puisqu’il se sentait menacé par les manipulations du propriétaire avec la scie à chaîne.

«Le propriétaire ne nie pas s’être retourné, au moins légèrement, vers l’accusé avec la scie en fonction. Il ne nie pas avoir levé la scie vers le ciel, devant quelqu’un qui l’invectivait et s’adressait agressivement à lui. Loïk Gosselin Kennes avait-il pour autant des motifs de s’inquiéter d’une attaque avec la scie mécanique ? Je n’en crois rien», tranche le juge.

De plus, l’accusé est le seul des deux protagonistes qu’il a fallu calmer, après l’altercation.

«L’usage du coup de masse au nez me paraît complètement disproportionné, exagéré et déraisonnable», conclut-il.