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Un restaurant ferme en raison d'un conflit entre propriétaire et locataire

Valérie Fortin | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Ouvert il y a deux ans, le restaurant Zen Chik de la rue Saint-Dominique, dans l'arrondissement de Jonquière, à Saguenay, est déjà fermé.

Un conflit entre les restaurateurs et le propriétaire de l'immeuble est au coeur de cette fermeture.

Les restaurateurs, Harold Tremblay et Maxime Boudreault, ont mis la clé sous la porte de leur commerce le 9 juin dernier, sans aucun avertissement.

Ils prétendent que le local qu'ils louaient est infesté de moisissure.

«Le gros élément déclencheur, c'est que dans la cuisine, les employés avaient souvent mal à la tête, mal à la gorge», a affirmé l'un des copropriétaires, Harold Tremblay.

«En avançant le congélateur, tout le plancher a suivi. Tout était moisi. On voyait l’eau entrer dans les murs. C'était noir», a-t-il ajouté.

Les locataires ont fait appel à des experts en qualité. Le rapport, réalisé par la firme SEEL, après une analyse effectuée le 31 mai, fait état de «niveaux de contamination fongique considérée comme très élevée».

Une tout autre version

De son côté, le propriétaire de l'immeuble, Roger Labrecque, accuse les deux restaurateurs de propager de fausses informations.

Il prétend que les locataires lui doivent près de 20 000 $ en loyer et électricité impayés. Il se dit victime d'un coup monté.

M. Labrecque soutient que les restaurateurs ne l’ont jamais avisé d'un quelconque problème avant de déserter le local. Il affirme qu’une infiltration d’eau s’est déclarée dans le restaurant, mais qu’il n’en a jamais été avisé.

«Moi je n'ai jamais été informé de quoi que ce soit, d'aucune problématique, sinon je l'aurais réglé la problématique. C’est ma bâtisse. Ils ont fait venir un expert, ils me disent rien», a soutenu M. Labrecque.

«Dès qu'ils ont vu une infiltration d'eau, ils auraient dû nous le dire pour qu'on intervienne tout de suite», a ajouté son avocat Me Éric Lebel.

Le propriétaire Roger Labrecque assure que tout a été réparé et décontaminé, dès qu'il a constaté les dégâts dans le local. Après les travaux, il a commandé un autre test d'air.

Cet autre rapport, daté du mois de juillet et rédigé par la firme Immotech, conclut que «la qualité de l'air est considérée comme normale».

Or, la mésentente est loin d'être réglée. Le propriétaire de la bâtisse est convaincu que les locataires ont voulu l’extorquer. Il s’est adressé à la Cour du Québec et a intenté une poursuite de 64 000 $ contre les restaurateurs pour les loyers impayés et pour dédommager le bris du bail.

Par ailleurs, Harold Tremblay et Maxime Boudreault prétendent que leur équipement de restauration est coincé à l’intérieur de l’immeuble de la rue Saint-Dominique, ce qui les empêche d’ouvrir leur commerce à un autre endroit. Selon le propriétaire du bâtiment, les restaurateurs réclament du matériel qui ne leur appartient pas.