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QS «héritier» de René Lévesque, selon Massé

Dominique Scali

 - Agence QMI

Manon Massé a invoqué la mémoire de René Lévesque en reprenant certaines de ses paroles célèbres mercredi, affirmant que les attaques visant Québec solidaire depuis une semaine ressemblaient à celles qu’a essuyées l’ancien premier ministre à son époque.

«Vous [les adversaires] nous reprochez aujourd'hui la même chose qu'on reprochait hier au Parti québécois de René Lévesque», a dit Mme Massé en conférence de presse.

«Je prends ça comme un compliment. Parce que moi, je me souviens», a-t-elle déclaré en clin d’œil à la devise de la province.

Elle a aussi invité les électeurs à retrouver l’ambition qui a fait des Québécois «quelque chose comme un grand peuple», reprenant les mots mêmes de René Lévesque.

Questionnée à savoir si elle considérait son parti comme le véritable héritier de l’ancien chef péquiste, elle a rappelé que QS parlait de souveraineté depuis 12 ans malgré «la peur» et «les sondages».

«Peut-être qu’on peut appeler ça l’héritage du parti visionnaire de René Lévesque», a-t-elle avoué.

Mme Massé était alors entourée des candidats solidaires de la région de Montréal.

«Le vent tourne»

«Vous allez apprendre à connaître leurs visages très bientôt puisqu’on va les voir assis à mes côtés à l’Assemblée nationale.»

Elle n’a toutefois pas donné d’estimation du nombre de ses candidats qui étaient en voie de se faire élire, mais a réitéré sa confiance que le parti allait sortir de Montréal.

«On sent que le vent tourne [...] Nous le sentons dans les sondages, nous le sentons sur le terrain.»

Mais le plus grand symptôme est sans doute les attaques des autres partis envers QS, une nouveauté par rapport aux campagnes précédentes.

«Cela veut dire qu’ils ont peur de nous. Eux aussi sont sur le terrain et ils découvrent que les gens ont envie de parler d’environnement et de changements climatiques», a dit Mme Massé.

Pas marxiste, mais agacée

Parmi ces attaques, le Parti québécois a notamment associé QS à l’idéologie marxiste. Questionnée à nouveau à savoir si elle rejetait ou nom le terme, Mme Massé a paru irritée de devoir revenir sur le sujet.

«Je ne suis pas marxiste. Je ne suis pas communiste [...] Je ne connais pas de marxiste qui infiltre le parti».

Le terme «nationalisation» apparaît à de multiples reprises dans le programme solidaire. Mais le terme «marxisme», non, a-t-elle souligné.

Lors d’une entrevue en anglais, lundi, Mme Massé n’avait pas rejeté l’expression avec autant de vigueur qu’en français, ce qu’elle explique par sa piètre maîtrise de la langue de Shakespeare et son peu d’intérêt pour le jargon des sciences politiques.

«Je m’en fous de l’étiquette. Si vous voulez l’utiliser, utilisez-la», s’est-elle impatientée, mercredi.

«Ces étiquettes sont là pour faire peur [...] Rappelez-vous que l’espoir gagne toujours contre la peur», a-t-elle déclaré.