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Des sinistrés de Gatineau relocalisés à 170 km de chez eux

Guillaume St-Pierre | Journal de Montréal

Guillaume St-Pierre, Agence QMI

Des sinistrés âgés doivent dormir sur des lits de camp et des familles démunies sont relocalisées à deux heures de route en raison du manque de chambres d’hôtel, une semaine après le passage de violentes tornades dans l’Outaouais.

Bernard Gervais, 75 ans, dort depuis vendredi dernier dans un dortoir avec des dizaines d’autres personnes. Malgré tous ses efforts, la Croix-Rouge a été incapable d’offrir à cet ancien chauffeur d’autobus une nuit à l’hôtel.

«Il y a tellement de monde en avant de moi sur la liste, dit-il. Il y a les familles, les handicapés, ensuite les vieux.»

Environ 80 personnes sont actuellement hébergées dans un centre communautaire aménagé par la Croix-Rouge. L’organisme a trouvé un hôtel à une centaine d’autres sinistrés.

Mais ces derniers doivent parfois se déplacer jusque dans les Laurentides pour trouver une chambre libre. Quatre familles ont temporairement élu domicile à Saint-Jérôme, à 170 km de Gatineau.

«On offre des chambres d’hôtel beaucoup plus loin pour en avoir plus», confirme un porte-parole de la Croix-Rouge, Pascal Mathieu.

Certains déclinent l’offre à cause de la distance.

L’éloignement n’effraie toutefois pas M. Gervais. «J’irais! Définitivement ! Qu’ils m’envoient à Montréal, ça me fait rien. Une belle douche, un bon lit, ça ferait mon bonheur», confie celui qui souffre de diabète et de haute pression.

Aller-retour

Devant le centre communautaire, Saifulhaq Hakaemy s’apprête à monter dans sa minifourgonnette rouge avec ses trois filles de 4, 7 et 12 ans. Un trajet de plus d’une heure l’attend, afin de regagner son hôtel à Montebello, où il a déjà passé une nuit.

Le confort de l’hôtel a cependant un prix. La distance l’empêche de retourner au travail, et le coût de l’essence fait mal à ses finances. Quant à ses filles, impossible pour elles de retourner à l’école pour le moment.

«J’ai fait le plein, hier, et ça m’a coûté 91$, souligne-t-il. Ce n’est pas facile. Mais nous sommes quand même chanceux. Personne n’a été blessé.»

M. Hakaemy a vu les éléments se déchaîner plus souvent qu’à son tour, ayant aussi été victime des deux feux en 2016 de Fort McMurray, en Alberta, où il travaillait.

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