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Matane

Des clients font réduire le plastique dans leurs épiceries

Stéphanie Gendron

 - Agence QMI

Courtoisie

Des clients ont réussi à convaincre les épiciers de Matane d’utiliser moins de plastique pour emballer les légumes, d’offrir des sacs réutilisables pour les fruits et légumes et des rabais pour ceux qui mettent leurs aliments en vrac dans des contenants réutilisables.

Catherine Berger est allée chercher l’appui de plus de 500 citoyens via les réseaux sociaux avant de prendre rendez-vous avec les quatre épiciers de la ville de Matane, dans le Bas-Saint-Laurent.

Elle voulait discuter avec eux de la manière dont ils pourraient réduire le suremballage.

«Quand j’ai appelé pour prendre rendez-vous, certains étaient un peu sur la défensive. Mais on n’est pas arrivés là comme des militants environnementaux, pas comme si on allait faire une manifestation devant l’épicerie. On était juste des citoyens normaux qui consomment de l’épicerie. Cette approche-là a été bien reçue», a dit Catherine Berger.

Rôle du consommateur

Depuis, IGA a rendu disponibles des sacs en filet réutilisables pour les fruits et légumes. Maxi a commandé des pailles en carton. Super C offre plus de légumes en vrac, dont les fèves et les courgettes, qui étaient emballés. L’épicerie Toujours Dimanche offre 5 % de rabais sur les produits en vrac pour ceux qui apportent leurs contenants réutilisables.

Des caissiers demandent aux clients s’ils veulent qu’on emballe leurs produits nettoyants dans un sac de plastique, au lieu de le faire systématiquement.

«On a vu les changements. Mais on est conscients que ça reste fragile. S’il y a des fèves en vrac et des fèves emballées et que les gens choisissent encore les fèves emballées, éventuellement l’ancienne pratique pourrait revenir», dit Catherine Berger.

Le consommateur aura donc un rôle à jouer. «Les épiciers regardent ce qui se vend le plus et c’est normal. Si les consommateurs achètent les sacs réutilisables pour les fruits et légumes, c’est un indice», ajoute Fanny Allaire-Poliquin, membre du comité formé suite à l’idée de Catherine Berger.

Bel accueil

IGA a bien accueilli l’initiative, qui se multiplie dans les régions. «C’est intéressant que ça vienne d’eux et qu’ils [les consommateurs] soient prêts à faire leur bout», dit Anne-Hélène Lavoie, des communications pour Sobeys Québec.

Elle dit que la bannière n’attend pas après ce type de geste pour améliorer ses méthodes. «Ça fait longtemps qu’on travaille là-dessus. Le recyclage, le compost, les dons alimentaires... Il y a aussi un travail à faire aussi du côté des fournisseurs», ajoute-t-elle.

L’épicerie Toujours Dimanche prône déjà le principe du zéro déchet. «Le côté monétaire fait aussi réfléchir. On faisait certains préemballages dans des sacs bruns et on fait payer ce sac-là. Les gens ne souhaitent pas débourser ces 50 cents pour le sac et apportent donc leurs contenants», dit la copropriétaire Marie Fortin.

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