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Ottawa doit agir pour protéger la vie privée des Canadiens

Sarah Belisle | Agence QMI 

Chris Roussakis/ QMI Agency

Il y a urgence d'agir pour protéger la vie privée des Canadiens, prévient le protecteur en la matière au pays qui se dit très préoccupé par la «crise» provoquée par l'arrivée des nouvelles technologies.

«Les progrès réalisés par le gouvernement sont lents, voire inexistants», écrit le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Daniel Therrien, dans son rapport annuel déposé au parlement jeudi.

Il n'a pas été tendre envers le gouvernement libéral dont «les actions ne suivent pas les paroles», à son avis. Il accuse le fédéral de se traîner les pieds en multipliant les consultations et se contentant de demander aux entreprises de s'autoréguler. Le Canada accuse d'ailleurs un retard par rapport à d'autres, dont les pays européens, note-t-il.

C'est que les lois actuelles sont désuètes face à la technologie, dit-il. Le gouvernement doit adopter des cadres réglementaires strictes, ainsi que donner le pouvoir à un organisme de surveiller les entreprises pour s'assurer qu'elles s'y conforment.

«C'est malsain que les consommateurs aient à subir ou à vivre dans un monde où, oui, ils reçoivent des bénéfices de ces nouvelles technologies-là, mais ils ont de grandes craintes à savoir si leur vie privée est respectée et il n'y a personne qui va aller vérifier si effectivement les compagnies se conforment à la loi», a plaidé M. Therrien en conférence de presse.

«Crise»

Il estime que «crise» il y a. La preuve réside dans l'affaire Cambridge Analytica, une firme qui a usurpé les données d’environ 87 millions d’utilisateurs Facebook, dont plus de 600 000 au Canada.

Il y a urgence d'agir pour les droits, dont les droits démocratiques, ne sont pas respectés.

«Les Canadiens n'ont pas le luxe d'attendre plusieurs années afin qu'on remédie aux lacunes connues dans les lois sur la protection des renseignements personnels. La technologie évolue à un rythme effréné et plusieurs nouvelles technologies perturbent non seulement les modèles d'affaires, mais aussi les normes de la société et du droit», peut-on lire dans son rapport.