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Émission «J.E.»

Adaptation scolaire: «on improvise beaucoup trop présentement»

TVA Nouvelles

Le cas rapporté jeudi dans l’émission «J.E.» soulève la nécessité de revoir notre façon de voir et de mettre en pratique l’adaptation scolaire dans les écoles québécoises, estime un spécialiste de l’éducation.

Pour Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire à la faculté d’éducation de l’Université Laval, on doit intervenir plus tôt et, surtout, mieux.

«Il y a des données précises basées sur des pratiques exemplaires qui doivent être implantées, a-t-il déclaré en entrevue au ‘’Québec Matin’’. Présentement, il y a plusieurs programmes qu’on implante en milieu scolaire, et c’est comme verser de l’eau dans le sable. Ça a très peu d’effet.»

En retardant le moment d’intervention efficace, on complique de beaucoup le travail à faire plus tard et on se donne «beaucoup moins d’espace d’intervention».

«Quand je suis rendu à 13 ou 14 ans, avec trois ou quatre ans de retard d’apprentissage et des comportements adaptés qui n’ont pas pu se développer, ma fenêtre d’intervention rapetisse, mentionne M. Royer. Elle est toujours là, mais elle rapetisse beaucoup.»

Le spécialiste prône d’ailleurs une révision de notre politique en adaptation scolaire, «vieille de 30 ans».

«Est-ce qu’on applique véritablement les meilleures pratiques avec ces jeunes-là, ce qui n’est pas le cas, croit-il. Tant qu’on n’aura pas des indications claires sur comment améliorer la réussite en lecture de ces jeunes-là, comment intervenir de manière adaptée avec un jeune autiste, on improvise beaucoup trop présentement dans le système.»

Ombudsman

Le reconnu spécialiste en éducation milite aussi pour la création d’un Ombudsman de l’adaptation scolaire. «Les droits de ces enfants-là ne sont pas bien défendus et ne sont pas bien encadrés par le Protecteur de l’élève», estime-t-il.

Le travail pour la prochaine personne à s’asseoir dans le fauteuil de ministre de l’Éducation sera de réviser «une politique d’adaptation qui date du siècle dernier» et protéger les droits et services pour ces jeunes-là, croit M. Royer.

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