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Communauté atikamekw

Les autochtones de Wemotaci pourront devenir propriétaires

Ghislain Morissette | TVA Nouvelles

C'est tout un changement qui s'amorce dans la communauté atikamekw de Wemotaci, en Mauricie. Les autochtones qui y habitent pourront enfin devenir propriétaires de leur maison, ce qui leur était impossible jusqu'à maintenant.

Ce changement devrait régler en bonne partie le problème du manque d'habitations.

Toutes les habitations de la communauté appartiennent actuellement au même propriétaire: le conseil de bande.

C'est que la vieille Loi sur les Indiens prévoyait que la Reine devait fournir une habitation à tous les autochtones vivant dans une réserve. Cette responsabilité a depuis été transférée aux conseils de bande qui, eux, manquent de financement.

Les choses vont changer à Wemotaci. Martin Légaré, directeur de la Société d'épargne des autochtones du Canada (SEDAC), annonce que les gens pourront dorénavant devenir propriétaires.

Il s’agit assurément d'un grand changement.

Jusqu'à maintenant, on ne trouvait que des logements sociaux dans les réserves. Il était impossible d'y obtenir du financement pour acheter une propriété.

Difficile de convaincre un prêteur quand on sait que des biens situés sur une réserve sont insaisissables.

C'est là que la SEDAC entre en jeu. «Notre organisme va pouvoir prêter pour que des gens puissent réaliser leur rêve de devenir propriétaires grâce à des ententes particulières avec le conseil de bande», a dit M. Légaré.

Fabien Paul est consultant en habitation pour la communauté de Wemotaci.

«Le programme mis en place offre plusieurs options. Il va permettre aux gens d'acquérir la résidence qu'ils louent actuellement, se construire une habitation neuve ou encore louer avec option d'achat», a-t-il expliqué.

Pour le chef François Néashit, cela va permettre aux gens de se responsabiliser face à leur habitation. En vendant des résidences, cela va alléger le fardeau pour le conseil de bande et, surtout, augmenter l'offre de logements.

D'anciens résidents partis s'établir ailleurs, souvent par manque de logements, pensent à revenir s'établir à Wemotaci.

«Une vingtaine de dossiers sont signés ou sur le point de l'être», selon Fabien Paul.

Une trentaine de terrains pour de nouvelles constructions sont déjà prêts à être cédés par le conseil de bande, et 40 autres pourraient l'être assez rapidement si la demande l'exige.