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Les maisons «shoebox» de Rosemont désormais protégées

Nadia Lemieux | 24h

«Shoebox» qui était située sur le rue Alma dans Petite-Patrie. La maison a été détruite en 2016 pour faire place à des condos.

Google Street View

«Shoebox» qui était située sur le rue Alma dans Petite-Patrie. La maison a été détruite en 2016 pour faire place à des condos.

Les maisons de type « shoebox » en bon état ne pourront plus être démolies à compter de décembre dans l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie, à la suite de l’adoption d’un nouveau règlement.

Un projet visant à encadrer les rénovations et démolitions de maisons « shoebox », ces petites demeures d’ouvriers qui ont été construites au tournant du 20e siècle, a été déposé au conseil d’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie mardi soir.

En mai dernier, l’arrondissement avait décrété un moratoire sur la transformation de ces maisons unifamiliales, en attendant d’adopter un règlement en décembre.

«[L’intérêt patrimonial] est très grand parce que les ‘’shoebox’’ racontent l’histoire de l’implantation d’une classe ouvrière à Montréal, explique la conseillère du Vieux-Rosemont, Christine Gosselin. Des gens venaient de la campagne et souhaitaient être propriétaires. Avec des faibles moyens, ils ont fait construire une maison à un étage avec un terrain qui permettait d’avoir un potager.»

L’été dernier, la division de l’urbanisme de l’arrondissement a dépêché une équipe sur le terrain pour qu’elle comptabilise toutes les maisons « shoebox » du territoire et qu’elle évalue leur intérêt patrimonial.

Au total, 561 maisons ont été dénombrées, dont 234 présentait une valeur architecturale intéressante. Près de 70 avaient quant à elles un intérêt moindre. Le reste avait une valeur moyenne.

Préserver la façade

Le nouveau règlement autorisera les propriétaires de maisons « shoebox » en mauvais état à les démolir. Les autres pourront être altérées, à condition de respecter certains critères.

«La transformation ou l’entretien des façades jugées d’intérêt devront se faire en respect de l’aspect du ‘’shoebox’’», précise Mme Gosselin.

Les demandes de rénovation de ces maisons concernent souvent l’ajout d’un deuxième étage.

«Si la façade est très belle, on demande un retrait d’un mètre minimum du deuxième étage pour que la façade se détache bien», mentionne-t-elle.