/news/politics

Port des signes religieux: Trudeau sert un avertissement à Legault

Sarah Belisle | Agence QMI

 - Agence QMI

Justin Trudeau a déjà servi une première mise en garde à François Legault mercredi, en l’invitant à «beaucoup de réflexion» avant d’utiliser la clause dérogatoire pour interdire le port de signe religieux aux personnes en position d’autorité.

À LIRE ÉGALEMENT

Signes religieux: les récalcitrants perdront leur emploi, prévient la CAQ

«L'utilisation de la clause nonobstant [...] ne devrait être faite qu'en des moments exceptionnels et après beaucoup de réflexion et beaucoup de considérations profondes sur les conséquences», a affirmé le premier ministre canadien mercredi matin au Parlement à Ottawa lors d’une courte mêlée de presse.

«Ce n'est pas quelque chose à faire à la légère, parce que de supprimer ou d'éviter de défendre des droits fondamentaux des Canadiens est une chose à laquelle il faut faire très attention.»

M. Trudeau réagissait aux propos tenus la veille par le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Élu premier ministre depuis à peine quelques heures, M. Legault avait alors évoqué un éventuel recours à la clause nonobstant pour forcer l'application de ses volontés en matière de port de signes religieux, si nécessaire.

Controversée et très rarement utilisée, cette clause de la Charte canadienne des droits et libertés permet aux gouvernements provinciaux d'adopter une loi dérogeant à certains articles de ladite Charte.

Le nouveau gouvernement du Québec a promis mercredi l’adoption sous peu d’un projet de loi, bannissant le port de signes religieux par les employés de l’État en position d’autorité.

On a prévenu que les enseignants, les juges, les policiers et les procureurs de la Couronne qui refuseront de les retirer perdront leur emploi.

Et Ottawa?

Après avoir servi son avertissement à M. Legault, M. Trudeau n'a pas précisé s'il comptait agir dans le dossier. Il en a profité pour réitérer son avis quant au port de signes religieux.

«Comme vous le savez très bien, je ne suis pas de l'opinion que l'État devrait dire à une femme ce qu'elle devrait porter ni ce qu'elle ne devrait pas porter. La Charte des droits et libertés est là pour protéger nos droits et nos libertés évidemment», a souligné le premier ministre.