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Legault n’a pas «les priorités à la bonne place», selon Massé

Dominique Scali | Agence QMI

À la sortie du premier caucus revampé de Québec solidaire, la co-porte-parole Manon Massé s’est étonnée que François Legault ait choisi d’interdire le port de signes religieux aux enseignants comme priorité de son nouveau gouvernement.

«J’ai l’impression qu’il n’a vraiment pas les priorités à la bonne place», a résumé Mme Massé vendredi.

Elle s’est exprimée ainsi à la sortie du tout premier caucus solidaire depuis que le parti a triplé en nombre d’élus. Le point de presse s’est d’ailleurs terminé par un câlin de groupe des 10 députés.

Selon QS, les priorités du nouveau gouvernement devraient être la réforme du mode de scrutin et la lutte aux changements climatiques.

«Durant la campagne, vous en avez entendu parler, vous, que [les signes religieux] c’était sa priorité?» s’est étonnée Mme Massé.

François Legault a toutefois répété avant les élections que l’éducation serait un dossier prioritaire, a-t-elle rappelé.

Or, avec une pénurie de personnel dans les écoles, congédier des profs parce qu’ils portent un signe religieux est une mauvaise idée, selon QS.

Le parti de gauche appuie l’idée que les juges, policiers et gardiens de prison ne puissent pas en porter, mais n’inclut pas les enseignants dans le groupe des personnes ayant un pouvoir de «coercition».

François Legault serait-il «raciste»? Mme Massé a répété qu’elle n’y croit pas.

Mais elle croit que le gouvernement devrait s’en tenir aux recommandations de la commission Bouchard-Taylor, même si cette dernière «commence à dater».

Parti reconnu?

Les porte-parole ont aussi réaffirmé leur conviction que QS serait la «véritable opposition» à la CAQ à l’Assemblée nationale, notamment parce que le Parti libéral et le Parti québécois seront occupés à se trouver un nouveau chef dans les prochains mois.

QS travaillera aussi à faire reconnaître son organisation comme parti officiel à l’Assemblée nationale. «On est habitués à défoncer plusieurs portes», a dit Mme Massé.

«On est rendus là. La démocratie du 21e siècle, ce n’est plus le bipartisme.»

Le parti compte d’ailleurs continuer à faire de la politique «combative», mais «constructive», a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois. «QS s’est toujours démarqué à l’Assemblée nationale par sa capacité à jouer à l’intérieur du cadre, tout en le bousculant.»

La tuque comme symbole

La nouvelle députée Catherine Dorion compte incarner cette volonté de changer la façon de faire de la politique. L’auteure et comédienne avait notamment fait jaser lors de la soirée électorale parce qu’elle portait une tuque.

«Ça me fait rire», dit celle qui a bien l’intention de respecter le code vestimentaire du parlement. Mais cet accent sur l’apparence des politiciennes l’amuse d’autant plus qu’elle a l’habitude de porter toutes sortes de costumes sur scène.

«Là j’arrive sur un nouveau type de scène et de voir toutes les réactions, pour moi c’est comme un laboratoire [...] extrêmement intéressant.»

«Je pense que même sur la forme, il y a des combats à mener. Pour que tous les Québécois puissent regarder leurs politiciens et sentir que ça pourrait être eux», dit-elle.

«Il y a une manière rafraîchissante de faire de la politique» qui s’éloigne du «combat de coqs», dit de son côté la nouvelle élue Ruba Ghazal.

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