/news/society

Convaincue que sa fille est morte à cause de la pilule

Marie-Christine Noël et Ninon Pednault | Bureau d’enquête

«Je ne dis pas qu’il faut jeter la pilule aux poubelles, je dis qu’il faut informer nos jeunes femmes pour qu’elles soient plus alertes.»

Depuis la mort de sa fille en 2016 d’une embolie pulmonaire possiblement causée par la pilule, Ginette Aumont veut sensibiliser les femmes aux risques liés à ce mode de contraception.

À LIRE ÉGALEMENT

De plus en plus de femmes abandonnent la pilule

Florence avait 28 ans. Elle croyait que sa douleur au mollet et sa jambe enflée étaient causées par l’effort physique d’une course.

Mais quatre jours plus tard, l’éducatrice spécialisée en centre jeunesse a perdu connaissance au travail et s’est fendu le menton en tombant. Elle s’est rendue à l’hôpital pour soigner sa blessure, mais en peu temps son état de santé s’est détérioré.

«La médecin de l’âge de ma fille est venue me voir en pleurs, se rappelle Mme Aumont. Et elle m’a dit en terme médical que ça s’était mal passé pour Florence [...] On a su ensuite qu’elle était décédée d’une embolie.»

Pas d'obligation

Même s’il n’a pas été prouvé que la pilule contraceptive était directement reliée à son décès, la famille reste convaincue qu’elle en est responsable. «Il n’y a pas un médecin qui nous a pas demandé si Florence prenait la pilule», affirme Mme Aumont.

Après la médiatisation du décès de Florence, Mme Aumont a aussi reçu des dizaines de témoignages qui l’amènent à mettre en doute les statistiques des compagnies pharmaceutiques.

«Quand j’ai lu les témoignages des femmes qui ont eu des problèmes de santé avec la pilule, j’étais enragée, se rappelle la mère de famille. On a tellement un sentiment d’impuissance devant ces compagnies et devant le corps médical qui disent que les statistiques ne sont pas alarmantes.»

Notre Bureau d’enquête a joint toutes les compagnies pharmaceutiques qui fabriquent les pilules contraceptives en vente au Québec, mais aucune n’a voulu accorder d’entrevue.

√ La multinationale Pfizer a décliné notre demande en raison de ses «ressources limitées».

√ Bayer et Mylan Pharmaceuticals n’ont pas retourné nos appels ni nos nombreux courriels.

√ Janssen, une filiale de Johnson & Johnson, ainsi que la compagnie TEVA nous a recommandé de nous adresser à d’autres associations ou à Santé Canada. Après le retour d’appel d’une agente de communications chez Merck Canada, personne ne nous a rappelés.

Dans la même catégorie