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«Dès qu’on a une inquiétude, c’est bon d’aller chercher du soutien»

TVA Nouvelles

Un homme a tué son ex-conjointe avant de retourner l'arme contre lui lundi à Drummondville. Un autre drame conjugal qui fait les manchettes et soulève de nombreuses questions.

Que faire quand on craint la réaction de son ex après la rupture? La porte-parole de l’organisme SOS violence conjugale Claudine Thibodeau s’entretient avec Sophie Thibault, au TVA 22h, et fournit des conseils qui peuvent s’avérer fort utiles.

-Alors, encore une fois, c'est un scénario qu'on connaît trop bien. Qu'est-ce qu'on dit à ces femmes-là? On entendait l'amie de la victime dire: «Allez-y avec la police.» Quels conseils peut-on donner à des femmes qui nous écoutent, nous regardent, et qui vivent un petit peu la même chose?

-En fait, dès qu'on a une inquiétude en lien avec la violence conjugale, c'est bon d'aller chercher du soutien, d'aller chercher l'expérience d'intervenantes qui travaillent dans ce domaine-là. Elles sont disponibles et elles ne vont jamais rien forcer. L'intervention en violence conjugale, c'est d'aider la personne à choisir elle-même ce qu'elle veut et lui donner tous les outils pour le faire. Donc, si, par exemple, on veut quitter une relation où il y a de la violence conjugale, on veut aller chercher nos choses chez soi, eh bien, idéalement, effectivement, si on sent le moindrement qu'il y a un potentiel de danger, on peut appeler SOS violence conjugale, et nous, on va trouver une ressource locale qui va être en mesure d'évaluer la situation avec la personne et de mettre en place des mesures de sécurité.

Claudine Thibodeau

 

 

-La personne va recevoir des conseils.

-Oui, tout à fait.

-C'est difficile d'être juge pour sa propre situation et, la plupart du temps, comme on le voit, ce qu'on entend tout le temps, c'est: "On n'aurait jamais pu penser que..."

-Oui. Mais la dame en question, elle avait senti le danger. Elle avait parlé à une amie de ce danger-là. Donc, elle aurait pu téléphoner pour avoir du soutien. Souvent, les personnes vont se dire: "Ah, ça ne vaut pas la peine, ce n'est pas si important que ça, ce n'est pas si dangereux que ça." Mais, en fait, dès qu'on sent qu'il pourrait y avoir un potentiel de danger, c'est bien de prendre un pas de recul pour l'évaluer, pour prendre les mesures pour sa propre sécurité et aussi pour protéger le conjoint violent qui, lui-même, peut poser des gestes envers lui-même, comme on a vu dans cette situation-ci aussi.

-Il faut être plus prudente que moins.

-Tout à fait!

-Et on voit de plus en plus ce scénario-là où l'homme se tue après avoir tué son ex!

-En fait, souvent, c'est qu'il est confronté à la conséquence de son geste, puis il n'est pas prêt à faire face à ces conséquences-là. Ce qu'on voit, c'est que le moment de la rupture, c'est toujours le moment qui est le plus sensible, le plus dangereux dans une situation de violence conjugale. Donc, c'est pour ça que ce sont des situations qui valent la peine d'être préparées plutôt que précipitées et d'aller chercher du soutien. Évidemment, la famille, les amis peuvent faire beaucoup, mais parfois, les personnes ne sont plus là. Il y a beaucoup d'isolement, en violence conjugale, les personnes se retrouvent très isolées. Il y a des intervenants spécialisés en violence conjugale, partout au Québec, dans les maisons d'hébergement et aussi dans d'autres ressources spécialisées, qui sont là pour ça. Puis, on est là 24 heures sur 24, nous, pour orienter les personnes vers les ressources.

-C'est bon à savoir. Alors, on le dit, on le redit: appelez, s'il y a une inquiétude, s'il y a quoi que ce soit, il ne faut pas hésiter à demander de l’aide au numéro suivant: 1-800-363-9010.

Consultez le site SOS violence conjugale en cliquant ici.

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