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La sœur d’une suspecte de terrorisme exonérée

ARCHIVES/CHANTAL POIRIER/JOURNAL DE MONTRÉAL

La sœur d’une suspecte de terrorisme n’aura pas à se défendre d’avoir entravé la justice pour avoir changé de version après avoir fait des déclarations incriminantes contre sa sœur, puisque la Couronne vient de tout laisser tomber.

«On est très satisfait», a déclaré l’avocate de la défense Cassandra Tanguay, juste après l’audience au palais de justice de Montréal.

Rania Djermane était tout sourire dans la salle d’audience lorsque le procureur de la Couronne a annoncé le retrait de l’accusation, passible d’un maximum de 10 ans d’incarcération.

En sortant de la salle d’audience, elle n’a toutefois pas souhaité faire de commentaires.

Terrorisme

La jeune femme avait été accusée durant le procès pour terrorisme de sa sœur Sabrine. Elle devait même être la témoin-vedette de ce procès puisqu’elle avait fait plusieurs déclarations incriminantes aux policiers.

Selon des mandats de perquisition, Rania Djermane avait reçu plusieurs aveux de sa sœur concernant l’intention de cette dernière de quitter le Canada pour aller rejoindre le groupe État Islamique en Syrie. Selon Rania Djermane, Sabrine était même prête a commencer son djihad au Canada.

«Si tu dois tuer des gens pour sauver tes frères musulmans, tu dois le faire», aurait dit Sabrine, selon la sœur de celle-ci.

Volte-face

Or, juste avant le procès, Rania Djermane a retourné sa veste. Elle n’a finalement pas témoigné, la Couronne a dû se contenter d’une preuve circonstancielle révélant entre autres que les deux jeunes consultaient de la propagande djihadiste, et qu’ils avaient chez eux une recette de bombe identique à celle diffusée par Al-Qaïda.

Sans le témoignage-clé de la sœur, le jury a eu un doute raisonnable et Sabrine Djermane a finalement été acquittée sur toute la ligne en décembre dernier. L’ex-étudiante du Collège Maisonneuve a plus tard accepté de signer un engagement à la cour reconnaissant que la Gendarmerie Royale du Canada avait des craintes qu’elle commette une infraction terroriste.

Questionné par Le Journal, le procureur présent à la Cour a été avare de commentaires sur les raisons qui ont poussé la Couronne à retirer l’accusation qui pesait contre Rania Djermane. Me François Allard, qui n’est pas celui qui a mené le dossier, a simplement référé à une directive du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Cette directive stipule entre autres qu’un procureur «doit demeurer objectif et maintenir son ouverture d’esprit afin d’éviter les erreurs judiciaires».

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