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Chicoutimi

Une entreprise du Saguenay est affectée par la pénurie de main-d'oeuvre

Jean Houle | TVA Nouvelles

Le Café du Presbytère de Chicoutimi fermera pour une période indéterminée à compter de samedi prochain, après 17 ans d'exploitation.

Celle qui a ouvert le Café en 2001, la chef cuisinière Nathalie Thibault, est épuisée. Les efforts pour recruter un autre chef cuisinier sont demeurés vains. Résultats, des semaines de travail interminables, en termes d'heure.

«Avec 55 heures par semaine, parfois plus, pour aller cueillir les produits en forêt...Ce n'est pas ce que je veux dans ma vie», a-t-elle dit.

Le restaurant est exploité par la coopérative Les Entreprises Jeunesses. L'été a été profitable pour les affaires, mais la clientèle s'annonce plus rare ces prochains mois. Le conseil d’administration a jugé qu'une fermeture indéfinie serait plus économique. Les problèmes de recrutement ont facilité la décision.

«On a vraiment du mal à recruter, même en ce qui concerne les tâches pour épauler notre chef», déplore la directrice générale Sonia Lemay.

«Il y en a qui ne sont même pas présentés au jour 1 de leur emploi, relate Nathalie Thibault. Des personnes âgées ont trouvé l'environnement trop stressant quand le restaurant était plein...et les jeunes ne veulent pas travailler le soir ou les fins de semaine.»

Le Café permet aussi la réinsertion socioprofessionnelle, entre autres pour les gens ayant eu des problèmes judiciaires. De jeunes adultes qui fréquentent les centres de formation professionnelle, par exemple, peuvent y trouver un emploi.

«On a des postes de plongeurs, de serveurs. On leur apprend le vivre-ensemble, la responsabilisation, le travail d'équipe, etc.», précise Sonia Lemay.

Le problème, c'est que même un partenaire comme Emploi-Québec éprouve du mal à trouver des candidats pour les référer au Café.

Réouverture espérée au printemps 2019 donc, en souhaitant disposer de la main-d'œuvre et d'un plan de marketing pour attirer les clients.

«La Café a toujours été fragile, mais on doit trouver une façon d'attirer la clientèle, souligne la directrice générale. On ne peut pas s'afficher sur la façade, qui est un bâtiment patrimonial. Il faut se publiciser.»

Si jamais la fermeture devient définitive, la cuisinière n'a pas l'intention de se replacer dans la restauration.