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Comédienne et conférencière

Johanne Fontaine est décédée

TVA Nouvelles

La comédienne Johanne Fontaine, qui se battait ardemment contre le cancer du côlon depuis 2010, est décédée jeudi après-midi, chez elle, entourée de sa famille. Elle avait 63 ans.

La nouvelle a été confirmée par l’agence artistique Fontaine de Lamirande après la publication sur Facebook d’une vidéo de Joanie Boudreau, une collaboratrice de l’artiste.

«J’ai parlé à sa sœur et elle me disait qu’elle était partie doucement. La bonne nouvelle, c’est qu’elle a cessé de souffrir. Les derniers jours ont été plutôt difficiles. Puis, vous avez été dans son cœur jusqu’à la fin. Ça, je peux vous le dire. Vendredi, je suis allée chez elle, et elle avait rapidement parlé de vous faire une vidéo. Vous comprendrez que l’énergie était très, très, très restreinte; donc, parfois l’envie surgissait et, quelques minutes plus tard, ce n’était plus une option de faire cette dite vidéo. Mais l’important, c’est que vous sachiez que vous étiez très importants pour elle, et que vous l’avez accompagnée jusqu’à la fin, et que vous étiez dans son cœur, en fait, qu’elle vous a portés vraiment jusqu’à la fin, et que tous les projets que vous lui avez permis de réaliser, elle souhaitait ardemment encore qu’ils se poursuivent, et que ça continue, en fait, à faire des petits, à changer des vies.»

Aussi coach de vie et conférencière, elle laisse notamment dans le deuil son fils Raphaël Fontaine Joubert, dont le père est le regretté Roger Joubert, plusieurs amis et membres de sa famille.

Très active sur les réseaux, elle avait cessé de publier des messages et des vidéos de motivation quelques jours avant sa mort.

Voyez l'hommage que l'analyste Régine Laurent lui a rendu lors de l'émission «La Joute»

Son parcours

Née le 4 avril 1955, Johanne Fontaine a terminé ses études en théâtre au Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse en 1975. Elle a rapidement fait entendre sa voix, car au cours de sa jeunesse, elle a fondé Organisation O, une compagnie de théâtre axée sur la création collective féministe, avec son amie Danielle Proulx, aussi comédienne.

Elle a eu droit à son baptême au petit écran grâce au téléroman «Au jour le jour», diffusé au début des années 1980 à Radio-Québec, et mettant en vedette Patricia Nolin et Gilbert Sicotte. Quelques années plus tard, elle a prêté ses traits à Loretta Chouinard dans le téléfilm québécois «Le matou» basé sur le roman d’Yves Beauchemin et réalisé par Jean Beaudin.

Deux fois, elle a été finaliste à l’obtention d’un prix Gémeaux, la première en raison de son rôle de soutien dans «Solo» et l’autre pour son second rôle de la série «Réseaux», dont la diffusion s’est amorcée en 1998 à Radio-Canada. La même année, Johanne Fontaine est aussi devenue chroniqueuse à l’émission «Les copines d’abord» à Canal Vie, partageant du même coup le plateau avec Isabelle Maréchal et Marie-Soleil Michon. Elle a pris part au rendez-vous pendant cinq saisons.

Un gros creux de vague est toutefois venu secouer la carrière de Johanne Fontaine dans les années 2000, à la suite de quelques rôles à la télé, mais aussi au cinéma, dont un pour l’aventure «Nouvelle-France» qui a marqué ses retrouvailles avec Jean Beaudin.

La maladie et le combat

Puis, une terrible nouvelle s’est abattue sur la comédienne en 2010 lorsqu’une oncologue lui a annoncé qu’elle était atteinte d’un cancer incurable du côlon au stade 4. Aux prises avec des métastases au foie et à l’estomac, son espérance de vie avait alors été fixée à 18 mois.

Au total, Johanne Fontaine a dû affronter quatre récidives de ce cancer, mais n’a pas ménagé les énergies pour livrer bataille à la maladie, acceptant de s’étendre sur la table d’opération à plusieurs reprises et de recevoir des dizaines de traitements de chimiothérapie.

En octobre 2012, elle a tenu à revenir sur ce triste pan de sa vie, mais aussi à livrer un témoignage d’espoir avec «Hop la vie! Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir...», un livre de croissance personnelle.

Puis, elle a bien voulu reparler de ce terrible diagnostic, mais aussi afficher sa volonté de se battre, de vivre heureuse, devant les caméras de Canal Vie. Ainsi, les téléspectateurs ont pu voir le documentaire «Johanne Fontaine: accro à la vie» en 2014 et la suite, «Johanne Fontaine: toujours accro à la vie», deux ans plus tard.

Victoire aux Gémeaux

Après des années de vache maigre en tant qu’actrice, elle a obtenu le second rôle de Céline, une non-voyante, personnage important de la deuxième saison de la série «L’imposteur», avec Marc-André Grondin, diffusée à l’automne 2017 sur les ondes de TVA. Sa prestation de qualité lui a permis de mettre la main sur un premier prix Gémeaux en 2018.

Au début du mois d’octobre, on l’a également vue se pavaner au bras de Marcel Leboeuf sur la scène de l’émission «Les dieux de la danse», compétition amicale à Radio-Canada.

En plus de son travail devant les caméras, Johanne Fontaine a maintes fois transmis ses connaissances à des élèves en donnant des cours d’occupation de l’espace au Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Intéressée par le milieu de l’éducation, elle a également effectué un retour aux études à 50 ans, choisissant de se concentrer sur la programmation neurolinguistique.

5 années marquantes de la carrière de Johanne Fontaine

Au cours de sa carrière étalée sur près de 40 ans, la regrettée comédienne Johanne Fontaine a connu certains succès. En voici cinq:

*1992: sortie du téléfilm «Solo» dans lequel elle partage des scènes avec Julie Vincent. Son travail lui a valu sa première invitation aux prix Gémeaux.

*1998 : début de la diffusion de la série «Réseaux» à Radio-Canada. La qualité de son jeu a été soulignée d’une nomination aux prix Gémeaux.

*2012 : lancement de son livre «Hop la vie! Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir...» en lien avec sa maladie.

*2014 : diffusion de son documentaire de motivation «Johanne Fontaine: accro à la vie» sur les ondes de Canal Vie.

*2018: victoire aux Gémeaux grâce à sa prestation dans la série «L’imposteur» diffusée à TVA.

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