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Toronto recule également

Wall Street finit dans le rouge une séance agitée et volatile

Agence France-Presse

De Tokyo à Wall Street, les places boursières ont été secouées jeudi par la soudaine hausse des taux d'intérêt aux États-Unis, qui fait craindre un recul de la croissance mondiale.

Qualifiant cette hausse de «trop agressive», le président américain Donald Trump l'a imputée à une banque centrale (Fed) contre laquelle il multiplie les attaques.

Au lendemain de sa pire séance depuis février, la Bourse de New York a longtemps hésité sur la direction à suivre, mais s'est finalement enfoncée dans le rouge.

Selon les résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, a cédé 2,13%, à 25 052,83 points, au plus bas depuis le 23 juillet.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 1,25%, à 7329,06 points, au plus bas depuis le 8 mai.

L'indice élargi S&P 500 a cédé 2,06%, à 2728,37 points, son point le plus bas depuis le 3 juillet.

L’indice S&P TSX de la Bourse de Toronto a fini la journée en baisse de 1,29% à 15 317,13 points.

Signe du vent d'inquiétude qui a saisi les investisseurs jeudi, l'indice mesurant la volatilité des marchés (VIX) a atteint un plus haut depuis février, une période où les indices boursiers avaient connu plusieurs séances de chute brutale.

Ce mouvement d'inquiétude a touché jeudi l'ensemble des secteurs, plus particulièrement la santé, la banque et l'énergie.

À la clôture des places européennes, la Bourse de Paris a fini en net repli (-1,92%), celle de Londres a plongé de 1,94% et celle de Francfort de 1,48%. Milan a abandonné 1,84%, Bruxelles 2,03%, et Amsterdam 1,92%.

La Bourse de Hong Kong a clôturé en baisse de 3,54%, Tokyo de 3,89%, tandis que Shanghai a plongé de plus de 5% et Shenzhen de 6,45%.

«De nombreux facteurs viennent perturber les marchés, allant de la hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale américaine (Fed), aux craintes de mauvaises nouvelles durant la saison des résultats qui s'ouvre, en passant par des données économiques décevantes à l'étranger, principalement en Chine», a énuméré Nate Thooft de Manulife AM.

Le durcissement en cours de la politique de la Réserve fédérale (Fed), engagée dans un processus de hausse des taux d'intérêt après avoir abreuvé les marchés d'argent pas cher pendant des années, agite particulièrement les courtiers.

Cette politique se répercute en effet logiquement sur le marché obligataire, où les taux d'intérêt sur la dette des États-Unis ont soudainement bondi la semaine dernière.

Or les investisseurs redoutent que la remontée des taux ne freine l'appétit des consommateurs et des entreprises pour les emprunts destinés à l'investissement, à l'achat de biens immobiliers ou de consommation.

Piqué au vif par la chute des marchés boursiers, Donald Trump a mis la pression sur la Fed jeudi en estimant qu'elle était «trop agressive», «en roue libre» et faisait «une grosse erreur» en remontant les taux d'intérêt.

Ces critiques, très rares de la part d'un président, ont été quelque peu déminées par son principal conseiller économique, Larry Kudlow, qui a affirmé sur la chaîne CNBC que M. Trump «ne dicte pas sa politique à la Fed».

Donald Trump a continuellement mis en avant la hausse des marchés boursiers depuis son arrivée au pouvoir comme preuve de son savoir-faire économique.

L'excellente santé de l'économie américaine est aussi son principal argument pour les législatives de mi-mandat qui se tiennent début novembre et qui s'annoncent difficiles pour son parti.

Pour la directrice du FMI Christine Lagarde, les relèvements de taux décidés par la Fed toutefois «sont un développement nécessaire» et «inévitable» pour les économies comme les États-Unis enregistrant une croissance robuste, une inflation accrue et un chômage «extrêmement bas».

«Je ne suis pas certain que les taux soient le problème principal», a aussi tempéré Sam Stovall de la société de recherches en investissement CFRA. «Les investisseurs semblent surtout penser que les indices sont allés trop haut, ils remettent donc les pendules à l'heure.»

Les analystes mettent également en avant d'autres sources d'inquiétudes pour expliquer la chute des bourses mondiales.

Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis continuent d'alimenter les craintes, en raison de «leur impact sur la croissance chinoise», la deuxième puissance économique mondiale, ont ainsi estimé les analystes du courtier Aurel BGC.

Les investisseurs «jugent que le secteur technologique serait le principal touché par un ralentissement plus marqué de l'activité chinoise», ont-ils ajouté.

Le projet de budget italien, qui prévoit un bond du déficit du pays, pourrait également affecter les places boursières européennes.

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