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Troisième album en carrière

«Les choses extérieures»: Salomé Leclerc fait cavalier seul

Marika Simard | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Salomé Leclerc signe un troisième album en carrière avec l’urgence de prouver à son artiste intérieur et au monde extérieur qu’elle est capable de grandes choses.

L’artiste pluridisciplinaire propose une dizaine de pièces issues de son répertoire qu’elle présente depuis aujourd’hui sur «Les choses extérieures».

Parmi toutes les choses qu’elle souhaitait voir s’affirmer en elle, il y a sa voix. Sur ce souffle nouveau, elle impose un timbre limpide et assumé qu’elle compare à celui de Charlotte Gainsbourg sur son album «Rest».

À tort ou à raison, Salomé Leclerc a toujours créé ses chansons de la même façon: elle composait la musique puis elle ajoutait le texte. Cette fois-ci, elle s’y est prise différemment. Pour l’une des rares fois – si ce n’est pas la première –, elle a voulu protéger la chanteuse de la musicienne. Elle a voulu protéger sa voix en écrivant les paroles d’abord et en ajoutant la musique ensuite.

Un pour tous

«Trois jours avant d’entrer en studio, je réécoutais les arrangements que j’avais créés avec les musiciens et je sentais que quelque chose m’échappait. Je leur ai téléphoné, un à un, pour leur dire de ne pas se présenter à l’enregistrement», avoue-t-elle timidement.

«Il n’y avait pas d’autres explications: je devais écouter ma voix intérieure qui me disait d’essayer par moi-même.»

Seule, dans une bulle de création presque méditative, Salomé Leclerc s’est lancé le défi de créer les sons et les vibrations qui se marieraient avec ses textes. La ligne directrice était claire: le mixage sonore devait être le plus brut, le plus naturel possible.

Aucune confusion n’était possible puisqu’en plus d’écrire les paroles, de composer la musique et de porter la voix, l’artiste tenait à réaliser ce troisième opus.

«Je me suis toujours dit qu’un jour, j’allais réaliser un de mes albums. Ç’a été une évidence, dès le début de ma carrière. C’est venu de façon tout à faire naturelle: en 2011, je me suis occupée de tous les arrangements de mon premier album, ¨Sous les arbres¨, et, en 2014, j’ai coréalisé le deuxième, ¨27 fois l’aurore¨, avec Philippe Brault», raconte-t-elle.

Tous pour un

Malgré la grande solitude qui entourait la création de cet album, Salomé Leclerc s’est entourée de précieux collaborateurs, dont Philippe Brault, Ghislain Luc Langevin au mixage sonore et Antoine Corriveau à la direction artistique.

«Quand tu joues autant de rôles, c’est difficile d’avoir du recul, alors les gars étaient là pour m’écouter lorsque le doute m’envahissait, se soutient-elle. En même temps, c’était une tâche ingrate pour eux parce qu’ils sentaient que j’avais besoin d’aller au bout de ce projet-là toute seule et ils ne voulaient pas s’imposer.».

Le fait de porter autant de chapeaux sur «Les choses extérieures» l’a amenée dans un état perpétuel de doute. Elle salue toutefois les doutes qui l’ont poussée à créer, à se surpasser. Cependant elle s’explique encore mal ceux qui l’ont ralentie.

Avec le recul, l’auteure-compositrice-interprète estime que la somme de toutes les responsabilités aura parfois été lourde à porter durant ce processus qui aura duré presque deux ans. Même si elle ne compte pas réaliser elle-même son prochain album, elle aura gagné assez d’assurance – et d’intérêt – pour réaliser ceux des autres.

«Je ne suis pas certaine que c’était la meilleure chose à faire, dit-elle avec un sourire en coin. En même temps, j’avais besoin d’aller au bout de cette aventure, de me prouver que j’étais capable. Jamais je n’aurais pensé aller aussi loin dans le processus de création.»

Le résultat final de cet effort musical sera présenté sur la scène du Ministère le 9 novembre. Salomé Leclerc sera, pour l’occasion, entourée de ses musiciens.

«Ce n’est pas pour rien que ¨Les choses extérieures¨s’appelle ainsi. Je devais être seule pour aller chercher certaines choses et en laisser partir d’autres. J’avais besoin de cette solitude pour voir les choses extérieures sous un angle différent.»

Les trois choses extérieures de Salomé Leclerc

Après voir passé près de deux ans dans un bulle de création, confrontée à elle-même, Salomé Leclerc se dit prête à s’ouvrir au reste du monde. Elle nous dévoile les trois choses extérieures qui lui ont inspiré ce projet intime et nécessaire.

Un cahier de notes

«Pour la première fois, j’avais sur moi, en tout temps, un petit cahier de notes, dans lequel je pouvais noter instinctivement des mots, des phrases, des discussions ou des citations tirés d’un livre qui évoquaient quelque chose de fort en moi. Lorsque venait le temps d’écrire, ce cahier de notes devenait une source d’inspiration. Mes textes avaient une direction plus claire, plus affranchie.»

Une guitare

«Même si j’ai voulu mettre les mots à l’avant-plan dans mon dernier disque, j’aime encore et toujours la guitare. Je me rends souvent dans mon local de répétition où se trouvent plusieurs instruments de musique, comme des guitares électriques. Je joue pour le plaisir et, parfois, il arrive que la mélodie m’inspire des phrases, des textes, qui deviendront plus tard des chansons.»

«Rest» de Charlotte Gainsbourg

«J’écoutais le plus récent album de Charlotte Gainsbourd, qui s’intitule ¨Rest¨, et c’est ce qui m’a donné envie de donner plus d’espace à ma voix. À l’oreille, on a l’impression qu’elle est avec nous ou plutôt qu’on est avec elle, en studio. Sa voix est vivante, présente et remplie d’énergie.».