/news/politics

Organisation internationale de la francophonie

Mise en garde de Michaëlle Jean contre les approches comptables

Alexandre Robillard

 - Agence QMI

Michaëlle Jean a mis les chefs d’État et de gouvernement francophones en garde contre la tentation de choisir les «petits arrangements» et «les approches exclusivement comptables de la coopération internationale».

Mme Jean s’est présentée devant les membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour obtenir un second mandat au poste de secrétaire générale.

Ses chances sont toutefois minces, depuis que le Canada et le Québec lui ont retiré leur appui, cette semaine, face au consensus qui se forme autour de la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo.

Dans un discours prononcé à l’ouverture du sommet de la Francophonie, Mme Jean a situé le choix devant lequel ses représentants se trouvent.

«Demandons-nous ici, en toute conscience et en toute responsabilité, de quel côté de l’Histoire nous voulons être», a-t-elle dit.

Comptables

Mme Jean les a enjoints à refuser «que les organisations internationales soient utilisées à des fins partisanes».

«Sommes-nous prêts à accepter que la démocratie, les droits et libertés ne soient plus de simples mots qu’on vide de leur sens au nom de la realpolitik, de petits arrangements entre états ou d’intérêts particuliers», a-t-elle lancé.

Mme Jean a invité les 54 membres qui voteront demain à choisir plus de justice, d’égalité, de liberté et de dignité.

«Une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde», les a-t-elle prévenus.

Selon elle, il faut éviter «les approches exclusivement comptables de la coopération internationale, des investissements prédateurs ou la corruption l’emporte sur l’exigence de solidarité».

Le mandat de Mme Jean a notamment été marqué par des controverses suscitées par sa gestion des fonds publics confiés à l’OIF par ses membres, notamment pour l’aménagement, au coût de 500 000 $, de son appartement de fonction à Paris.

«Hommages»

Le premier ministre Justin Trudeau a vanté le «travail remarquable» de Mme Jean, jeudi, notamment en faveur du droit des femmes. Dans un discours à l’ouverture du sommet, il a parlé d’elle comme de «quelqu’un d’extraordinaire, une amie».

La veille, dès son arrivée à Erevan, M. Trudeau a rencontré Mme Jean pendant une vingtaine de minutes. Les discussions ont été «constructives», a indiqué l’entourage du premier ministre canadien.

Le président français Emmanuel Macron a pour sa part rendu «hommage» à Mme Jean pour son combat en faveur des femmes.

M. Macron a le premier proposé en mai la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire générale de l’OIF. Après avoir soutenu Mme Jean, M. Trudeau s’est rallié cette semaine au consensus autour de Mme Mushikiwabo.

Rigueur

Le premier ministre désigné, François Legault, a quant à lui plaidé pour plus de rigueur et de transparence dans la gestion de l’OIF, lors d’une rencontre avec le président rwandais Paul Kagamé, mercredi soir.

Il a également abordé avec lui «la gouvernance démocratique et les droits humains».

Dans la même catégorie