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Selon Régis Labeaume

Protection du français : fracture entre Montréal et le reste de la province

Stéphanie Martin | Journal de Québec

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

En négligeant la protection du français, les politiciens font une «très grave erreur» et contribuent à accroître la fracture entre Montréal et les francophones du reste du Québec, estime le maire Régis Labeaume.

Après avoir vivement critiqué l’Organisation internationale de la Francophonie en fin de semaine, en dénonçant le «party de dignitaires» que l’organisation est devenue et en demandant du «renouveau» à la tête de l’institution dirigée depuis 2015 par Michaëlle Jean, le maire de Québec en a remis sur la question de la langue, jeudi.

«Je pense sincèrement que si on ne s’occupe pas plus du français qu’on l’a fait depuis une couple de décennies, on est en train d’élargir la fracture entre les francophones de l’Est du Québec et Montréal», a-t-il soutenu.

«Se réveiller»

Cette fracture existe bel et bien au Québec, dit-il. «Il faut absolument se réveiller.»

«Le gars de Normandin, l’autre de Matane, il ne comprend pas trop ce qui se passe à Montréal. Il se sent sur une autre planète.»

Une des conséquences de cette distance entre la métropole et le reste du Québec francophone, par exemple, est selon lui l’apparition de groupes identitaires comme La Meute.

«Moi, je trouve ça épouvantable, mais il y a du monde qui pense que ça a ben du bon sens, ce qu’ils disent. C’est là que je vous dis qu’il y a une fracture.»

La responsabilité d’agir revient aux politiciens, martèle-t-il, et ceux-ci «détournent la tête» quand il est question de la protection de la langue. «Ce n’est plus à la mode, la langue française.»

«Ce qui me fascine, c’est qu’après 400 ans d’histoire, on ne se souvient pas qu’il faut se préoccuper de notre langue maternelle de la majorité des habitants du Québec. On fait une très grave erreur. Plus on va laisser ça aller, pire ça va être.»

«Des ressacs»

Il rappelle que dans l’histoire, cette négligence a causé bien du tort. «Historiquement, quand on n’a pas pris soin de la langue française, il y a eu des ressacs. Et ce n’est pas toujours intéressant, ces ressacs-là.»

Les politiciens doivent selon lui se lever et prendre cette question au sérieux. «Il va falloir que quelqu’un se lève et nous dise ce qu’il va faire avec la langue française.»

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