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Tournée «Signé Plamondon»

Brigitte Boisjoli, digne des muses de Plamondon

Marie-Josée R. Roy | Agence QMI

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Brigitte Boisjoli n’a rien à envier aux Dion, Dufresne, Reno, St-Clair et autres grandes voix qui ont chanté les mots de Luc Plamondon.

Jeudi, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, la bombe de 36 ans, capable de se déchirer les tripes sur «L’amour existe encore» ou de dynamiter «Oxygène» dans une version égalant l’originale, a prouvé qu’elle est bien la digne héritière des muses du légendaire auteur.

Brigitte Boisjoli a collaboré sporadiquement avec Luc Plamondon depuis sa rencontre avec lui, au moment de l’intronisation de l’homme au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, à Toronto, en 2011.

Même s’il n’a jamais écrit spécifiquement pour elle, depuis un an, elle baigne pleinement dans l’univers du père de «Notre Dame de Paris» et de «Starmania».

Le petit bout de femme de 5 pi 5 po a d’abord gravé son estime pour le consacré parolier sur l’album «Signé Plamondon», paru il y a tout juste un an. Elle venait alors, quelques mois plus tôt, de mettre au monde son premier enfant, la petite Charlie.

Mais il faut plus qu’un poupon naissant pour asseoir Brigitte Boisjoli et, quelques semaines plus tard, l’inarrêtable interprète entamait la tournée accompagnant le disque-hommage.

Dans ce concert où la portent cinq musiciens, Boisjoli repense les éléments les plus connus du catalogue de son inspiration. Elle se fait aguichante sur «J’ai rencontré l’homme de ma vie», déchirante sur «Hymne à la beauté du monde», intense sur «Je danse dans ma tête», bossa-nova sur une «Cœur de rockeur» réinventée et sexy sur «Question de feeling», qu’elle offre en duo avec son amoureux, Jean-Philippe Audet.

Admiration et affection

Projet heureux s’il en est, Boisjoli paraissant née pour entonner Plamondon. Non seulement elle relit les textes du monument sans faille ni fausse note, mais son énergie débordante et sa nature attachante rehaussent sa prestation de plusieurs niveaux.

Elle tend son micro au public sur «Ziggy», promet des coupes de vin blanc aux spectateurs à l’entracte si elle s’enfarge dans les paroles du «Rill pour rire» et, vêtue tel Robert Charlebois sur «J’t’aime comme un fou», elle descend au parterre au pas de jogging. Elle entrecoupe ses numéros d’anecdotes qui, si elles s’avèrent parfois longues, font le délice de l’assistance.

Brigitte Boisjoli entretient visiblement une relation très complice avec Luc Plamondon, qu’elle taquine comme une gamine mutine étriverait son mentor, avec admiration et affection. Entre les morceaux, elle souligne l’obsession du créateur pour ses lunettes fumées et pastiche son phrasé marmonné, au grand plaisir du public. Jeudi, le principal intéressé était dans la salle, ce qui ajoutait à la cocasserie.

Au moment d’écrire ces lignes, Brigitte Boisjoli propulsait une sentie «Pour une histoire d’un soir» fondue dans «La légende de Jimmy», et on espérait encore, entre autres, «Le blues du businessman», «Stone» et «Ma mère chantait».

Brigitte Boisjoli poursuit la tournée «Signé Plamondon» jusqu’en mars 2019.

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