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Employé de longue date

Il a volé près de 100 000 $ d’équipement dans un hôpital

Michael Nguen | Journal de Montréal

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Un ex-employé de l’Hôpital général juif de Montréal qui a volé pour près de 100 000 $ d’équipement pendant ses heures de travail pour le revendre sur internet a écopé d’un an de prison. Mais il n’aura rien à rembourser.

«Il a volé un hôpital financé par l’argent des contribuables, il continue de minimiser la gravité de ses gestes», a récemment déploré le juge Christian M. Tremblay en condamnant récemment Aram Tchitouni, au palais de justice de Montréal.

Tchitouni, 45 ans, était un employé de longue date de l’Hôpital général juif quand il a commencé à voler de l’équipement d’une salle d’entreposage, à partir de septembre 2015.

Pendant cinq ou six mois, chaque fois qu’il en avait l’occasion, il entrait dans la pièce et volait de l’équipement médical qu’il cachait dans un sac avant de retourner à son quart de travail.

«Il tentait ensuite de le revendre sur [le site internet] eBay», peut-on lire dans le jugement.

Enquête

Les larcins ne sont toutefois pas passés inaperçus. À la suite de plaintes, l’Hôpital a lancé une enquête interne. Et quand un employé a réalisé que les items volés étaient en vente sur eBay par un utilisateur dont le courriel était associé à Tchitouni, ce dernier a rapidement été rencontré par des responsables de l’établissement, puis congédié.

Pour la Couronne, le voleur se devait d’écoper d’une année de prison. La défense, de son côté, suggérait 90 jours à purger les fins de semaine, des travaux communautaires et un remboursement partiel de l’équipement.

Selon l’accusé, les crimes ont été commis dans un contexte d’insécurité financière, d’isolation et de dépression.

Timides remords

Le juge a toutefois rejeté la suggestion de la défense, considérant l’attitude de Tchitouni, qui minimise son crime en affirmant que le vol d’équipement médical est courant dans les hôpitaux.

«Même s’il exprime des remords, il semble que ce soit en raison des conséquences auxquelles il fait face», a noté le magistrat.

Malgré des facteurs atténuants comme le plaidoyer de culpabilité et l’absence d’antécédent criminel, le juge a condamné Tchitouni à un an de prison, suivi d’une probation pendant laquelle il devra effectuer 240 heures de travaux communautaires.

Par contre, Tchitouni n’aura pas à rembourser les 96 422$ en valeur volée, puisque sa situation financière rendrait la tâche impossible.

«Il peut mettre de côté 300$ par mois, a expliqué le juge. Après trois ans, le remboursement serait limité à 10 800$.»

Si Aram Tchitouni trouve la sentence excessive, il a 30 jours pour faire appel.