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Années 90

La justice rattrape un pédophile plus de 20 ans plus tard

Michaël Nguyen | Journal de Montréal 

Paul - stock.adobe.com

La justice a rattrapé un Blainvillois coupable d’avoir agressé sexuellement trois filles dans les années 1990, même si sa sentence d’un an de prison ne réparera pas tous les dommages qu’il a causés.

«Ma sexualité a été volée par cet homme. Cette agression ne cessera jamais de me hanter, les conséquences sont majeures», a lancé une victime de Normand Gagnon lors de son récent témoignage au palais de justice de Laval.

Même si son enfance a été volée il y a plus de 20 ans, elle continue de subir le traumatisme qui a bouleversé sa vie.

Gagnon, 59 ans, s’en était pris individuellement à trois jeunes filles qui avaient entre 10 et 14 ans. Et déjà, à l’époque, il savait qu’il commettait un crime.

«Je ne devrais pas faire ça», avait-il dit à l’une des filles après lui avoir fait subir des contacts sexuels.

Briser le silence

La loi du silence a toutefois régné pendant longtemps, jusqu’à ce que les victimes décident de dénoncer. Mais la tâche n’a pas été facile, a raconté l’une d’elles, même si elle a pu compter sur le soutien de ses proches.

«Ce n’est pas une chose facile à faire, a-t-elle témoigné à la cour. On espère être crue, on a peur de la réaction des gens. Briser le silence, c’est parler à la police, exposer son intimité à des étrangers...»

Gagnon a finalement été accusé au criminel. Il a ensuite plaidé coupable, et, à la suggestion des avocats, le retraité a écopé d’un an de prison et d’une probation de deux ans, en plus d’être inscrit à vie au registre des délinquants sexuels.

«Peu importe la peine, les conséquences ne seront jamais équitables», a réagi une des victimes.

Des dommages

La deuxième fille, de son côté, a raconté avec émotion que son traumatisme est encore présent et que «rien ne pourra réparer le mal» que Gagnon a causé.

«Tu as volé mon enfance, c’est impardonnable», a-t-elle lancé en direction de son agresseur.

La troisième victime affirme pour sa part être depuis incapable de porter des «vêtements sexy». «J’ai envie de cracher au visage de tous ces vieux-là qui me regardent avec un air pétillant, a-t-elle confié à la cour. Il faut que les gens ignobles comme [Gagnon] soient punis.»

Gagnon a pour sa part pris brièvement la parole pour s’excuser.

«Ce sont des choses qui n’auraient jamais dû arriver. L’homme que je suis devenu n’a aucun rapport avec ce qui s’est passé. Je m’excuse sincèrement», a-t-il dit avant de se faire passer les menottes et d’être emmené en détention.