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Compagnie AquaBounty

Pas de saumon OGM dans mon restaurant

Marie-Ève Dumont | Agence QMI

Une dizaine d’entreprises canadiennes s’engagent à ne pas utiliser de saumon génétiquement modifié tandis que deux cargaisons sont arrivées au Québec depuis son autorisation au pays en 2016, a appris «Le Journal».

«On est contents qu’il y ait des entreprises dans différentes sphères de l’industrie alimentaire, que ce soit des importateurs, des distributeurs, des transformateurs ou des restaurateurs, qui ont décidé de ne pas utiliser de saumon génétiquement modifié [GM]. On souligne leur transparence», dit Thibault Rehn, porte-parole de Vigilance OGM, qui en fera l’annonce aujourd’hui.

À la demande de l’organisme, qui prône l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés, ces compagnies ont accepté de signer une déclaration qui stipule qu’elles s’engagent à ne pas «acheter ou vendre de saumon génétiquement modifié ni produire aucun de [leurs] produits à base de ce saumon GM de la compagnie AquaBounty».

Seul pays

Le Canada est le seul pays à autoriser la commercialisation de ce premier animal génétiquement modifié au monde, le saumon AquAdvantage, et le gouvernement n’oblige pas l’étiquetage de ce genre de produit.

Ce saumon de l’Atlantique, élevé au Panama, contient un gène de l’hormone de croissance du saumon du Pacifique afin d’accélérer son développement. Il grandit quatre à six fois plus vite qu’un poisson de l’Atlantique normal.

Santé Canada considère qu’il est aussi sain et nutritif que le saumon régulier.

Des experts canadiens et d’ailleurs se questionnent cependant sur les effets à long terme de sa consommation. Sa production pose aussi des questions éthiques et environnementales.

Parmi les signataires de la déclaration, on trouve des entreprises québécoises comme la poissonnerie Odessa, la chaîne Aki Sushis, les restaurants Manitoba et Auguste, ou encore le distributeur Les Aliments Saveurs du Monde, entre autres.

«Je n’ai aucun intérêt pour ce type de produit ni pour moi ni pour mon entreprise. On n’en sait pas assez sur ce que ça peut produire comme effet», soutient le propriétaire du fumoir Fumé du bon Côté en Gaspésie, Gilles Côté, qui a aussi signé.

Dans les sushis ?

Deux cargaisons d’environ neuf tonnes au total de ce poisson sont arrivées au Québec depuis son autorisation, soit en juin 2017 et en mai 2018, mais on ignore où il a pu se retrouver comme l’étiquetage n’est pas obligatoire.

Le président de la compagnie productrice a cependant déclaré devant un groupe d’investisseurs le mois dernier que son produit aurait servi à la préparation de sashimi, un mets japonais composé de poisson cru que l’on trouve habituellement dans les restaurants de sushis.

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