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Théâtre musical

«"Les Belles-Sœurs", ce n’est pas actuel; c’est éternel» – René Richard Cyr

Yan Lauzon | Agence QMI

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

De son propre aveu, quand il a créé «Les Belles-Sœurs, théâtre musical» en 2010, le metteur en scène René Richard Cyr ne se doutait pas du tout que son spectacle allait encore être joué près de 10 ans plus tard.

«¨Les Belles-Sœurs¨, ce n’est pas actuel; c’est éternel», dit-il pour expliquer en partie le succès.

Il reconnaît également que l’œuvre a tout pour plaire. «Je pense que c’est un show complet: il y a de l’émotion, du rire, du chant, de la danse et en même temps, ça dit quelque chose.»

Grâce à la vision musicale et entraînante de René Richard Cyr, le classique de Michel Tremblay peut donc fêter avec panache ses 50 ans sur scène.

«Je suis rempli d’une très, très grande fierté. C’est comme si j’avais pris la belle vieille argenterie qui est dans le tiroir et que je l’avais bien brossée.»

Nouvelles perceptions

Sur les planches, le discours que livrent 12 femmes – et non 15 comme c’était le cas au départ – a encore une importante force de frappe. Il est prononcé avec aplomb par des actrices telles que Kathleen Vachon (Germaine Lauzon), Éveline Gélinas (Pierrette Guérin) et Sonia Vachon (Rose Ouimet).

«Y’a encore quelque chose de très fort de se retrouver juste avec une gang de femmes sur scène, affirme le directeur de la pièce. Ce sont des femmes qui ont des vies de misère, des vies toutes croches, qui pourraient abdiquer, se résigner, mais qui chaque matin se relèvent en espérant que les choses vont pouvoir changer.»

Le propos et l’histoire font encore réfléchir, mais pas de la même façon qu’il y a 50 ans. «Y’a des échos différents, précise René Richard Cyr. Avec celle qui chante ¨Maudit cul¨, disant que son mari, depuis 20 ans, l’oblige à baiser matin et soir, on ne se dit pas juste ¨ah, c’était comme ça dans le temps¨, on se dit que cette notion de soumission aux désirs de l’homme existe encore...»

La 250e à Montréal

Du 17 au 27 octobre, ce sera l’heure de la rentrée montréalaise pour les comédiennes du spectacle «Les Belles-Sœurs, théâtre musical» au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

Le dernier soir marquera d’ailleurs la 250e fois qu’il sera présenté devant public. Malgré cela, René Richard Cyr est bien loin d’être tanné de le proposer.

«Je n’arrête pas de répéter ce show et j’ai encore un énorme plaisir. Je trouve ça bon. C’est une espèce d’hommage heureux à nos mères, nos grand-mères, nos matantes, nos cousines, nos filles, nos femmes... C’est de là qu’on vient.»

Pour l’instant, les dernières représentations sont prévues au début de 2019, mais on peut penser que l’aventure est loin d’être terminée.

«Si dans deux ans, on veut reprendre ce show et que ce sont les mêmes filles, je vais être bien heureux. Si ce sont d’anciennes filles qui veulent revenir, je vais être bien heureux, et si ce sont de nouvelles filles, je vais être bien heureux aussi, même si ça veut dire recommencer à répéter», confie le metteur en scène.

«Ce que j’aimerais c’est que ce soit le nouveau ¨Casse-Noisette¨, que ça revienne tous les ans.»

Après les huit rendez-vous prévus à Montréal, l’équipe des «Belles-Sœurs, théâtre musical» se rendra à Québec où elle prendra d’assaut le Capitole pour 15 représentations, du 7 au 25 novembre.

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