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Critique

«Les frères Sisters»: un western classique

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Pour son tout premier film en langue anglaise, Jacques Audiard («De rouille et d’os») livre un western mettant en vedette John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed, tous excellents.

Les frères Sisters – un nom pareil, ça se retient –, ce sont Eli (John C. Reilly) et Charlie (Joaquin Phoenix). Comme dans tout bon western qui se respecte – nous sommes en 1851 –, les deux hommes sont des hors-la-loi, des tueurs à gages. Leur plus récent contrat, octroyé par le Commodore (Rutger Hauer) est simple: ils doivent kidnapper et torturer Hermann Kermit Warm (Riz Ahmed), un chimiste d’origine moyen-orientale ayant mis au point une potion magique. Laquelle? Celle qui permet, en la versant dans un plan d’eau, de révéler l’or!

Revient donc aux frères Sisters la tâche de lui faire cracher la formule et de le liquider. Pour leur simplifier la tâche, John Morris (Jake Gyllenhal), un détective, va se charger de livrer Warm au duo de tueurs.

Le cinéaste français respecte les codes propres au genre dans cette adaptation du roman du Canadien Patrick deWitt. Antihéros, fusillades, paysages (le long métrage n’a pas été tourné aux États-Unis, mais en Roumanie et en Espagne qui tiennent lieu du Montana et de la Californie) et certains éléments d’intérêt.

La psychologie des deux frères – John C. Reilly et Joaquin Phoenix (qui possède parfois de faux airs de Jeff Bridges) sont épatants – est étudiée au moyen de dialogues savoureux. Le personnage de John Morris est suffisamment étrange pour donner lieu à des situations intellectuellement gratifiantes. La musique d’Alexandre Desplat ajoute au plaisir de la chose, tout comme les éclairages (la reconstitution du saloon de San Francisco est inoubliable) de Benoit Debie, directeur de la photographie.

Présenté au Festival international du film de Toronto ainsi qu’à celui de Venise, où Jacques Audiard a gagné le Lion d'argent du meilleur réalisateur, «Les frères Sisters» possède le charme d’un long métrage des frères Coen (on pense évidemment au «Vrai courage») ainsi que les atouts d’un Clint Eastwood des beaux jours.

Note: 4 sur 5

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