/news/society

La première année de #MoiAussi soulignée

Nadia Lemieux | Agence QMI

Un an après le déclenchement du mouvement de prise de parole #MoiAussi, des victimes d’agressions sexuelles et des intervenants du milieu appellent les autorités à redoubler d’efforts pour lutter contre les violences sexuelles.

Le 15 octobre marque le premier anniversaire du mouvement #MoiAussi. Il y a un an, l’actrice américaine Alyssa Milano lançait un appel aux victimes d’agressions sexuelles pour qu’elles témoignent de leur expérience à l’aide du mot-clic #MoiAussi (#MeToo en anglais) sur les réseaux sociaux.

Depuis, des centaines de milliers de femmes à travers le monde ont utilisé le mot-clic.

Pour appeler au maintien de l’élan de solidarité déclenché à l’automne 2017, des survivants d’agressions sexuelles et des intervenants du milieu ont pris part à un rassemblement dimanche au bar-spectacle le Quai des Brumes.

Des élues des quatre principaux partis politiques au provincial étaient également présentes, dont Hélène David du Parti libéral du Québec, Ruba Ghazal de Québec Solidaire, Véronique Hivon du Parti québécois et Lise Lavallée de la Coalition Avenir Québec.

Demande en hausse

«S’il est indéniable qu’il y a eu plusieurs changements notables en ce qui traite notamment la conception collective des agressions à caractère sexuel et la manière dont on en parle, il reste encore énormément de travail à faire», a déclaré l’agente de liaison pour le regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), Marlihan Lopez.

Depuis le déclenchement du mouvement #MoiAussi, une hausse des demandes de soutien a été notée dans les CALACS. Dans certains d’entre eux, l’attente pour obtenir des services peut aller jusqu’à 10 mois, a indiqué Mme Lopez, appelant à un meilleur financement.

«Ça va être important qu’on soutienne les organismes communautaires qui aident [les] victimes, parce qu’elles vont être surchargées» a dit Ruba Ghazal, en réitérant le souhait des quatre élues présentes de mener à bien cette tâche de manière non partisane à l’Assemblée nationale.

Les représentantes des différents partis ont aussi affirmé vouloir abolir le délai de prescription, soit la période de temps pendant laquelle il est possible d’exercer une poursuite.

Lutte plus inclusive

Les femmes issues des minorités culturelles ou des communautés LGBTQ, qui ont des limitations fonctionnelles ou un statut d’immigration précaire ou qui vivent dans des régions éloignées, ainsi que les femmes dans l'industrie du sexe ou qui sont incarcérées, ont plus de risques d’être victimes d’agressions sexuelles, a fait valoir Marlihan Lopez.

Or, ce sont celles qui ont le plus difficilement accès aux services de soutien et au système judiciaire.

«Voir un mouvement qui rassemble l’ensemble des femmes, c’est très encourageant pour nous, en tant que femmes marginalisées, a mentionné Sandra Wesley, directrice générale du groupe Stella, créé par et pour les travailleuses du sexe. Mais c’est sûr qu’on s’attend à être incluses dans ce mouvement-là et à ne pas être oubliées par les actions gouvernementales en réponse à ça.»

Mme Wesley a affirmé que les femmes les plus vulnérables n’ont pas pu participer au mouvement #MoiAussi par la dénonciation, puisque témoigner des actes qu’elles ont vécus représente des risques pour leur sécurité.