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Pas de joint avec les toasts le matin pour les jurés

Michael Nguyen

 - Agence QMI

Teodor Lazarev - stock.adobe.com

Même si le pot sera légal dès mercredi, les jurés ne pourront pas fumer de joint «avec leurs toasts le matin», a prévenu une juge dans un procès pour meurtre.

«C’est une nouvelle réalité à laquelle nous faisons face. On s’attend à ce que les jurés aient toutes leurs facultés mentales quand ils écoutent la preuve», a déclaré la juge Hélène Di Salvo, lundi, au palais de justice de Montréal.

Cette mise en garde est survenue alors que s’ouvrait le procès de Sébastien Grenon, un homme de 36 ans accusé d’avoir comploté puis participé au meurtre de Benoît Denis, survenu en mai 2010 dans Lanaudière.

«Petit joint»

Avant même d’entendre la preuve, la magistrate a souhaité faire sa mise au point sur la consommation de cannabis en faisant le parallèle avec l’alcool, puisqu’il va de soi qu’un juré ne peut pas siéger en état d’ébriété.

«Le vin avec le beurre d’arachide, c’est moins bon, a dit la juge pour expliquer pourquoi elle ne faisait pas de mise en garde similaire concernant l’alcool. J’ignore si l’un de vous prend un petit joint avant de dormir, mais on vous demande de ne pas être sous l’effet du cannabis pendant le procès.»

Et lors des délibérations, la juge songe à interdire au jury de fumer du pot. Habituellement, quand les jurés sont séquestrés, ils peuvent boire un verre d’alcool pendant le repas du soir.

L’important, a rappelé la magistrate, c’est que chaque juré soit en pleine possession de ses moyens en écoutant la preuve contre Grenon.

Meurtre planifié

Selon la théorie de la Couronne, la victime Benoît Denis avait participé à deux meurtres en 2009, pour le compte d’autres personnes. Mais comme il «parlait trop», sa tête a ensuite été mise à prix.

Un homme aurait ainsi été recruté pour l’exécuter, mais au lieu de le tuer, il aurait préféré l’épargner.

«[Grenon] avait la tâche de le cacher dans divers motels», a expliqué la procureure Marilyn L’Italien Leblanc.

En mai 2010, le groupe se serait toutefois décidé à achever Denis. Grenon aurait conduit la victime dans un chalet, où elle a été abattue, puis enterrée non loin de là. Grenon est accusé de meurtre au premier degré, car il aurait aidé au crime, a précisé la Couronne.

Grenon est défendu par les avocats Marc Labelle et Kim Hogan.

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