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Poussière rouge à Québec: les demandeurs veulent un recouvrement collectif

Sophie Côté

 - Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Près de 6 ans jour pour jour après l’épisode de poussière rouge fort médiatisé des 25 et 26 octobre 2012 dans le secteur de Limoilou à Québec, la très attendue action collective en dommages intentée par les citoyens Véronique Lalande et Louis Duchesne contre Arrimage Québec et le Port de Québec s’est ouverte, lundi, au palais de justice de Québec.

Une quarantaine de citoyens étaient présents dans la salle de cour, bondée, pour le début du procès. Le nouveau député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, fait partie de l’audience.

Puisque l’hiver dernier, la compagnie Arrimage Québec a finalement admis être responsable de cet épisode de poussière rouge à la suite d’activités de transbordement de minerai de fer au port de Québec dans la nuit du 25 et 26 octobre 2012, le procès devra déterminer le territoire touché et l’ampleur des dommages subis.

Recouvrement collectif

Les demandeurs, qui évaluent que quelques dizaines de milliers de citoyens ont été victimes cette nuit-là du nuage de poussière principalement constitué d’oxyde de fer, souhaitent un recouvrement collectif pour les dommages subis, a indiqué Me Clara Poissant-L’Espérance au juge Pierre Ouellet.

Cette dernière a indiqué que la partie demanderesse s’affairera à le convaincre que cette avenue est la bonne – plutôt qu’un scénario de recouvrement individuel – en se référant à la cause de l’action collective contre Ciment Saint-Laurent, qui avait permis d’établir le montant des réclamations par sous-secteurs.

Des montants de 3000 $ par requérant pour couvrir les frais de nettoyage et pour la nuisance causée par l’incident sont souhaités par les citoyens ayant subi l'épisode de poussière rouge.

Dommages «minimes»

Quant à Arrimage Québec, un des avocats de l’entreprise a indiqué lundi qu’à leur avis, la zone touchée est «restreinte» et que les dommages causés aux résidents voisins sont «extrêmement minimes».

L’avocat de l’Administration du Port de Québec (APQ), qui a précisé que cette dernière aura «un rôle effacé» dans ce procès, a souligné à plusieurs reprises la «démesure» des réclamations que souhaitent obtenir les demandeurs. Arrimage Québec a évoqué «plusieurs dizaines de millions de dollars» souhaités comme indemnisations par les demandeurs.

Des dizaines de témoins

Une vingtaine de citoyens seront appelés à témoigner dans le cadre de ce procès pour les demandeurs. La partie défenderesse fera aussi entendre des citoyens.

Des représentants d’Arrimage Québec, de l’APQ, de la Ville de Québec et du ministère du Développement durable seront aussi appelés à la barre, dont le président-directeur général du Port de Québec, Mario Girard. Son témoignage est prévu le 24 octobre.

Des témoignages d’experts viendront clore la preuve au procès, qui doit s’échelonner sur cinq semaines.

De longues procédures

Véronique Lalande et son conjoint Louis Duchesne avaient obtenu l’autorisation d’intenter cette action collective en 2014.

Une deuxième action collective, appuyée par les mêmes demandeurs, mais qui concerne plusieurs incidents de la même nature qui se sont produits sur une longue période, soit depuis le 31 octobre 2010, a aussi été autorisée. Le procès aura lieu ultérieurement.

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