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Finances personnelles

Retarder sa retraite, est-ce que ça vaut la peine?

Emmanuelle Gril | Journal de Montréal

Certains pensent que repousser la retraite leur permettra d’avoir des revenus plus confortables. Mais est-ce vraiment le cas? Faites vos calculs avant de prendre une décision.

Repousser votre retraite peut sembler une bonne idée de prime abord, pourtant, ce n’est pas nécessairement vrai. En premier lieu, on devrait considérer le facteur humain, explique Charles Hunter-Villeneuve, planificateur financier. «Il faut se demander si notre santé physique ou mentale nous permet de continuer à travailler. Les avantages procurés par un emploi en valent-ils vraiment le coup si cela fragilise notre santé?» dit-il.

Chaque cas est unique et doit être considéré en fonction des situations individuelles. D’ailleurs, il est possible que vous puissiez prendre votre retraite plus tôt sans même le savoir! «Tout repose sur le plan financier qui a été mis en place pour la retraite. La décision dépend aussi du montant de revenus nets dont la personne aura besoin quand elle aura cessé de travailler», précise le planificateur.

PSV bonifiée : oui, mais...

Au niveau fédéral, si vous reportez votre retraite au-delà de 65 ans (au maximum 70 ans), votre pension de Sécurité de la vieillesse (PSV) sera bonifiée d’environ 7 % par an. Cette pension améliorée vous sera versée jusqu’à la fin de vos jours. À première vue, on peut se croire gagnant, mais il faut y penser à deux fois. «On doit considérer le taux d’imposition. Il pourrait augmenter si vous touchez une rente plus élevée, et ce de telle façon que vous y perdriez un avantage financier», prévient Charles Hunter-Villeneuve. De plus, repousser sa PSV retardera du même coup le versement du Supplément de revenu garanti, et ce, sans que ce montant soit bonifié. Un pensez-y-bien...

RRQ augmentée : à quel prix?

Du côté provincial, on peut réclamer ses rentes à partir de 60 ans, mais le Régime de rentes du Québec est conçu pour démarrer à 65 ans. Si vous demandez votre pension après cet âge (au maximum 70 ans), le montant que vous percevrez sera bonifié d’environ 8 % par an, et vous le percevrez jusqu’à votre décès. Mais là encore, l’augmentation du taux d’imposition pourrait vous désavantager. «Allez-vous vraiment être gagnant ou devrez-vous payer plus d’impôt tout en devant continuer à travailler?» note le planificateur.

Travailler plus longtemps pour épargner plus?

Bien sûr, demeurer sur le marché du travail pourrait vous aider à mettre davantage d’argent de côté pour la retraite. Mais rappelez-vous que c’est lorsqu’on commence à économiser tôt que les intérêts composés produisent les rendements les plus intéressants.

Vous pensez que vos placements fructifieront davantage en travaillant trois ou quatre années de plus? Là encore, Charles Hunter-Villeneuve invite à y réfléchir. «À partir de 60 ans, il y a fort à parier que votre profil d’investisseur sera certainement beaucoup plus conservateur. Les rendements de placements sécuritaires risquent d’être les mêmes, que vous continuiez à travailler quelques années de plus ou pas», analyse-t-il.

Conseils

- Votre forme physique devrait peser dans la balance : si votre santé est fragile, retarder votre retraite pourrait la mettre en péril.

- Décaisser vos FERR avant de réclamer vos rentes de retraite peut constituer une bonne alternative. Consultez un professionnel pour faire le bon plan et les bons calculs.

- Bon à savoir : il existe un crédit d’impôt provincial pour les travailleurs d’expérience. On peut le réclamer à partir de 62 ans si l’on est encore sur le marché du travail, et il prend fin à 65 ans. Le montant maximal est de 1200 $ et il commence à décroître à partir d’un niveau de revenus de 33 755 $, pour disparaître complètement à 57 755 $.

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