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Une bière au chanvre devient illégale... le jour de la légalisation

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Courtoisie

Le jour où le cannabis devient légal, la bière aux graines de chanvre bio d’un microbrasseur du Bas-Saint-Laurent doit être retirée de 300 épiceries et dépanneurs parce que l’image de feuille de marijuana sur l’étiquette devient illégale.

«Le cannabis devient légal, mais le mot cannabis devient illégal», déplore Nicolas Falcimaigne, de la microbrasserie le Caveau des Trois-Pistoles à Trois-Pistoles.

La loi sur l’encadrement sur le cannabis dit qu’un objet qui n’est pas du cannabis ne peut pas afficher un logo ou un dessin lié au cannabis. C’est le cas de la vente de T-shirt avec un imprimé de feuille de pot, par exemple.

L’entreprise pourrait donc payer des dizaines de milliers de dollars d’amende si elle ne se conforme pas.

Il avait donc le droit d’afficher la feuille de pot sur sa bière alors que le cannabis était illégal, mais ne pourra plus dès qu’il sera légal, déplore-t-il.

Un non-sens pour le producteur qui a brassé cette bière spéciale «1959 aux patates», pour le premier festival du cannabis au Québec, le Festival du bon Plant, tenu au début du mois de septembre à Trois-Pistoles.

Réétiquetage

«On pourrait ré-étiqueter, mais ce serait des frais additionnels. Aussi on contreviendrait à une autre loi, le fait qu’on ne décrirait pas ce qu’il y a dans la bière en enlevant le mot chanvre», ajoute le microbrasseur.

Il prévoit observer si la loi sera contestée et assouplie, sachant que des entreprises plus grosses que la sienne la contestent en faisant appel à des avocats. Il ne peut se le permettre, car son entreprise est en démarrage.

Nicolas Falcimaigne avait pourtant fait les vérifications auprès des autorités d’étiquetage et avait échangé de nombreux courriels avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments et Santé Canada, mais n’avait pas obtenu de réponses claires sur la question.

«Pour le moment, on contacte nos détaillants un par un pour retirer les bières des tablettes. C’est assurément du trouble. On a attendu jusqu’à la dernière minute, car la vente était encore possible, en espérant un changement, mais non», a dit Nicolas Falcimaigne.

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