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Le gouvernement devient leur pusher

Amélie St-Yves | Journal de Québec

Deux femmes de 24 ans qui ont passé la nuit dehors à attendre l’ouverture de la Société québécoise du cannabis (SQDC) de Trois-Rivières laissent tomber leurs revendeurs habituels pour acheter le cannabis directement du gouvernement.

Kelli Martel et Sabrina Ouellette ont passé la nuit à attendre l’ouverture de la SQDC, robes de chambres sous leurs manteaux par grande humidité, café à la main. 

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Il est clair pour elles qu’il y a beaucoup d’avantages à acheter leur cannabis directement du gouvernement, plutôt que du marché noir. 

«Je ne vois pas de raison à aller acheter sur le marché noir, maintenant que c’est légal. Même si c’est un peu plus cher, c’est traçable, tu sais ça vient d’où. Tu sais ce qu’il y a dedans et qui l’a fait pousser », dit Kelli Martel, 24 ans, qui gère son anxiété avec du cannabis. Elle consomme régulièrement depuis 5 ou 6 ans. 

Elle n’a pas ressenti de pression de son fournisseur actuel pour continuer de faire affaire avec le marché noir. Ce revendeur envisagerait par ailleurs lui-même de se retirer du marché, vu la légalisation, selon Mme Martel. 

Par la poste

Sabrina Ouellette, 24 ans, faisait quant à elle venir son cannabis de l’Ouest canadien par la poste. Elle n’a pas eu de pressions non plus, et compte maintenant faire affaire avec la SQDC. 

«Tu sais le produit que tu vas avoir, quand tu as un magasin près de chez toi, qui vend légalement. Tu n’as pas de fausses attentes ou de déception. Tu viens pour un produit, et ce produit est bien expliqué », dit la femme qui consomme du cannabis depuis 9 ans. 

Les deux femmes pensent que cela sera plus sécuritaire pour tout le monde. 

«Les gens vivaient dans une peur et allaient sur le marché noir, où il y a plus d’incitation à acheter d’autre chose. Parce qu’on ne se le cachera pas, ces vendeurs-là ne vendent pas juste du cannabis...», laisse tomber Kelli Martel. 

Son amie pense par ailleurs que le gouvernement pourrait retirer beaucoup de consommateurs du marché noir, si les produits sont à la hauteur des attentes. 

«Les gens vont être beaucoup plus à l’aise d’aller au magasin que d’aller chez un gars bizarre, que tu connais plus ou moins, et qui fait des choses spéciales», dit Sabrina Ouellette. 

Cela va toutefois prendre plus que la légalisation du cannabis pour convaincre les deux femmes de voter pour Justin Trudeau l'an prochain. 

 

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