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Les députés solidaires assermentés en coulisses

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Les députés solidaires ont prononcé leur serment d’allégeance à la reine d’Angleterre à l’abri des regards mercredi, avant d’admettre qu’ils n’en croyaient pas un mot.

«Est-ce je crois vraiment à l’institution monarchique qui impose ses vues sur le Québec ? Absolument pas !», a commenté le nouveau député de Rosemont Vincent Marissal, à peine une heure après avoir prêté serment.

Contrairement à la coutume, les députés solidaires ont prononcé en privé le traditionnel serment qui prévoit qu’un député doit porter «vraie allégeance à Sa Majesté la reine Elizabeth II». Il s’agirait d’une première dans l’histoire de l’Assemblée nationale.

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En point de presse par la suite, la cheffe parlementaire de Québec solidaire a qualifié cette coutume de «rituel archaïque et franchement désagréable». Toutefois, les députés sont obligés de s’y soumettre pour être assermentés. «On a trouvé une façon de pouvoir siéger, parce que c'est fondamental, tout en se respectant nous», a expliqué Manon Massé.

«Nous, collectivement, on a joué le jeu parce que c'est un jeu, un gros jeu», a-t-elle ajouté, précisant que prêter serment à la reine en 2018, «ce n'est pas sérieux».

Malgré tout, Vincent Marissal refuse d’y voir un parjure ou une forme de mensonge. «Le mensonge, ce serait de dire quelque chose en public auquel on ne croit pas», estime-t-il, alors que son serment a été prononcé devant le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Michel Bonsaint. Plusieurs de ses collègues ont également reconnu avoir été mal à l’aise de devoir prêter serment à la reine.

Précédents

Les députés de Québec solidaire ne sont toutefois pas les seuls indépendantistes à avoir refusé de promettre publiquement d’être loyal à la couronne britannique. En 1970, six des sept premiers députés du Parti québécois ont refusé, pendant plusieurs semaines, de prêter serment, rappelle le président de la Société Saint-Jean-Baptiste, Maxime Laporte. Ceux-ci avaient été obligés à d’assister à la période de questions depuis la tribune des spectateurs, avant de finalement céder.

En Irlande, les élus du parti nationaliste Sinn Fein refusent carrément de siéger au parlement de Westminster.

Mais pas question pour les députés solidaires de suivre l’exemple irlandais. QS propose plutôt de changer la loi afin de retirer le serment. «Dans le contexte actuel, la voie législative nous apparaît la meilleure», estime le député Sol Zanetti. Il souligne que, dans le passé, même Louis Riel et Jacques Parizeau se sont soumis au processus afin de pouvoir siéger.

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