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Une vie détruite par un chauffard

Claudia Berthiaume

 - Agence QMI

Si le conducteur ayant provoqué une violente collision dans un village de la Montérégie n’avait pas consommé de pot, un homme de 25 ans ne serait pas dans un état végétatif aujourd’hui, croient ses proches.

«Notre vie s’est arrêtée le 26 septembre 2015 [vers 19 h]», a lancé jeudi Linda Bercier, la mère de la victime, Kevin Gratton.

Son quotidien est bouleversé à jamais, même si celui qui a rendu invalide son fils de 25 ans a été acquitté de trois chefs de conduite avec les facultés affaiblies par la drogue.

Phillip Hargrave a toutefois été déclaré coupable jeudi de conduite dangereuse et de négligence criminelle ayant causé des lésions.

Deux autres personnes ont été blessées lors de l’impact.

L’état de M. Gratton nécessite des soins constants depuis ce jour.

La petite Toyota Echo qu’il conduisait a été percutée par un chauffard téméraire circulant à haute vitesse dans le village de Saint-Clet, près de Vaudreuil-Dorion. Celui-ci a atteint 160 km/h en effectuant des dépassements sur une ligne double, les phares éteints.

Les yeux fermés

Lors du procès, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, l’homme de 29 ans a présenté une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Hargrave, qui fumait du pot quotidiennement, disait entendre des voix depuis l’enfance. Le jour du drame, Dieu lui aurait ordonné de se laisser guider en conduisant les yeux fermés.

Champignons magiques

Deux psychiatres ont conclu qu’il pouvait alors souffrir d’une psychose. La défense avançait que c’était le résultat d’une schizophrénie préexistante, tandis que la Couronne soutenait que son état était induit par la drogue.

Lors de son témoignage, Hargrave a avoué avoir consommé du cannabis quatre heures avant la collision et des champignons magiques quelques jours plus tôt.

«La preuve démontre que si l’accusé s’abstient de consommer des substances, sa condition mentale ne présente aucun danger», a conclu la juge Marie-Chantal Doucet, rejetant la défense de troubles mentaux, jeudi.

«S’il n’avait pas consommé ce jour-là, on n’en serait pas là», ont déclaré au «Journal» la mère et la sœur de Kevin, Mme Bercier et Audrey Gratton.