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Étude de l'UdeM

Un usage «habile» de Twitter par le SPVM pendant les manifestations

Sarah Daoust-Braun | Agence QMI 

AGENCE QMI

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) fait un usage très habile de Twitter dans sa gestion des manifestations, selon une étude de l’Université de Montréal.

Le chercheur Simone Tuzza et deux collègues de l’École de criminologie ont analysé plus de 900 tweets avec le hashtag #manifencours de septembre 2012 à juin 2015 et ont publié au printemps leurs conclusions dans la «Revue canadienne de criminologie et de justice pénale».

Selon M. Tuzza, le corps policier montréalais utilise Twitter pour «répondre aux questions du public et aussi pour avoir un canal direct avec le public et, dans le cas spécifique de la gestion des foules, pour s’adresser directement aux manifestants», et non pas seulement comme outil de promotion et d’information sans contact immédiat.

Plus de 10 % des messages scrutés s’adressaient d’ailleurs directement aux manifestants, dont des tweets impératifs avec, par exemple, des ordres de dispersion lorsqu’une manifestation était déclarée illégale.

«Je n’avais pas vu avant des services de police s’adresser dans ses messages Twitter directement à une partie spécifique de la population pour intimer des instructions sur le terrain», a soutenu le chercheur en songeant aux autres études sur le sujet, mais n’excluant pas que cette pratique soit menée ailleurs dans le monde.

Temps de crise

Le professeur au département de communication sociale et publique de l’UQAM Bernard Motulsky estime de son côté qu’en temps de crise, comme lors d’inondations ou d’attentats, les corps policiers font largement une utilisation de Twitter pour faire le point sur la situation et donner des instructions en temps réel. «Je pense à une situation critique comme celle du Bataclan [lors des attentats de Paris], où Twitter a été beaucoup utilisé pour dire aux gens de rester chez eux.»

L’expert en communication stratégique et gestion d’image considère que le service de police de Montréal fait une bonne utilisation de Twitter lors des manifestations parce que l’information est assez rapide, factuelle et non propagandiste, donnant des indications sur les parcours et les rues bloquées.

Dans leur étude, les chercheurs de l’Université de Montréal avancent que cette utilisation particulière de Twitter par le SPVM pourrait avoir été développée en raison des manifestations étudiantes du printemps érable de 2012. «La police a dû faire face à un mouvement énorme auquel elle n’était pas préparée. Les nouveaux médias ont aussi pris une place importante dans les dernières années», a indiqué Simone Tuzza.