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Les casse-têtes économiques de Justin Trudeau

Emmanuelle Latraverse | TVA Nouvelles 

Si seulement tout s’était passé comme prévu, le gouvernement Trudeau serait sur le point d’équilibrer le budget fédéral, le pipeline Kinder Morgan serait en construction et le Canada serait le champion de l’Accord de Paris sur les changements climatiques.

Justin Trudeau aurait remporté son pari. Il aurait stimulé l’économie au profit de la classe moyenne, aurait consacré la réputation de bons gestionnaires des libéraux et redoré l’image du Canada sur la scène internationale.

Or voilà, en politique, comme dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu.

À un an du scrutin, le gouvernement Trudeau semble toujours à la recherche d’une formule magique pour équiper l’économie canadienne face aux défis de demain. Et pourtant les signaux d’alarme sont bien présents.

Investissements anémiques

Lors de son premier voyage au Forum économique mondial à Davos en 2016, Justin Trudeau avait envoyé un signal bien clair: le Canada est ouvert pour faire des affaires.

Or, Statistique Canada nous apprenait le printemps dernier que les investissements étrangers au pays sont à leur plus bas depuis 2010. Ils ont même chuté de moitié depuis 2015.

 

Pire, les baisses d’impôts massives consenties par Donald Trump aux entreprises ont dissipé l’avantage stratégique qu’avait le Canada face à son voisin du sud.

Ça peut sembler bien académique, mais ce sont les investissements qui alimentent l’innovation, le pouvoir des entreprises de prendre de l’expansion, créer de bons emplois payants. C’est le nerf de la guerre.

Or comment renverser la tendance ?

Un comité du Sénat vient de recommander au ministre des Finances de baisser les impôts des entreprises au Canada, d’investir massivement dans les infrastructures commerciales, s’attaquer au manque de compétitivité des entreprises canadiennes.

Or voilà, difficile de se lancer dans une telle opération, quand les finances publiques sont déjà dans le rouge à hauteur de 19 milliards de dollars.

Une marge de manœuvre quasi inexistante

Le ministre des Finances Bill Morneau a déjà laissé entendre que sa mise à jour économique offrira des «mesures ciblées» pour donner un coup de pouce aux entreprises qui font face à une dure concurrence au sud de la frontière.

La réalité c’est que le gouvernement Trudeau n’a plus de marge de manœuvre pour instaurer les réformes promises pour moderniser l’économie canadienne.

Dans un tel contexte, on comprend la mise en garde qu’a servie le magazine The Economist cette semaine. Selon ses analystes, une nouvelle récession n’est qu’une question de temps, et l’économie mondiale est gravement mal préparée pour l’affronter.

Si ce gouvernement a déjà dû consentir des déficits plus élevés que prévu pour stimuler l’économie canadienne quand ça va bien, que fera-t-il si les choses se corsent ?

Justin Trudeau a remis des milliers de dollars dans les poches des familles canadiennes. Il a retrouvé son «cool» avec la légalisation de la marijuana.

Mais son gouvernement est-il un bon gestionnaire de l’économie canadienne ?

Il lui reste un an pour répondre à cette question. Ses chances de réélection en dépendent.