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Commission Viens

La SQ doit défendre ses interventions auprès des autochtones

David Prince

 - Agence QMI

GEN-RECHERCHES-SURETE-DU-QUEBEC

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La Sûreté du Québec a dû se défendre vendredi de plusieurs interventions controversées réalisées par ses policiers de Val-d’Or auprès des autochtones.

Le directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, était de passage devant la Commission Viens, qui doit faire la lumière sur les relations entre certains services publics et les autochtones.

Le commissaire, Me Paul Crépeau, a longuement questionné M. Prud’homme sur des comportements dénoncés par des autochtones.

En 2014, la SQ avait lancé l’Escouade centre-ville afin de tenter de régler des problématiques d’itinérance et de toxicomanie au centre-ville de Val-d’Or. Les policiers avaient alors eu le mandat de ne laisser aucun passe-droit.

Des contraventions de 35 000 dollars

Un autochtone avait notamment reçu 35 000 dollars de contraventions pour des infractions à des règlements municipaux, comme uriner dans des parcs. Il n’était pas en mesure de payer les amendes et a été condamné à 39 mois de pénitencier.

Cette répression envers les autochtones a contribué à la crise de Val-d’Or qui a éclaté lorsque l’émission «Enquête» a diffusé des témoignages de femmes qui alléguaient avoir subi des abus de pouvoir et des agressions sexuelles de policiers. Les huit policiers visés ont tous été blanchis.

«En 2015, je mets mon pied à terre et je veux des changements rapides et des résultats concrets. J’étais convaincu que ce n’était pas par le processus judiciaire, les arrestations, les incarcérations (qu’on allait régler le problème). Pourquoi ? Parce que la pression monte et que ça finit toujours mal», a dit M. Prud’homme.

Après 2015, l’émission de constats d’infraction a diminué de façon importante.

Rires

Me Crépeau a également fait état de deux policiers qui ont été filmés alors qu’ils riaient d’une femme autochtone «ivre morte», menottée avec les mains dans le dos. Elle avait perdu ses pantalons et elle était tombée le visage sur le ciment. «Est-ce des comportements tolérés par la Sûreté du Québec ?», a questionné Me Crépeau.

«Avec la description que vous m’e faites, absolument pas», a répondu pour sa part la directrice du district nord à la SQ, Ginette Séguin.

«Avez-vous fait un suivi? Ça a été présenté ici publiquement il y a deux mois», a ajouté Me Crépeau.

«Quand je vais sortir d’ici, a répondu Mme Séguin, je vais poser des questions à savoir où on en est rendu et s’il y a eu des accusations. Malheureusement, je ne le sais pas. J’ai plusieurs questions, mais je n’ai pas les réponses.»

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