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La FTQ prend ses distances de Téo Taxi

Francis Halin | Le Journal de Montréal

GEN-TÉO TAXI

Michel Desbiens/AGENCE QMI

Le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, s’inquiète du climat social tendu chez Téo Taxi éclaboussé par une cascade de plaintes de congédiements abusifs.

«Les plaintes de congédiements abusifs nous dérangent. On était avec les Teamsters. On est inquiets», a laissé tomber au Journal le président de la FTQ, et premier vice-président du Fonds de solidarité FTQ, Daniel Boyer.

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Le numéro 1 de la FTQ a fait cette déclaration en marge du dévoilement du Collectif pour une forêt durable avec des représentants du milieu syndical et patronal à la Maison des régions, à Montréal, hier.

C’est le 7 novembre prochain que le Tribunal administratif du travail (TAT) se penchera sur les plaintes de congédiements abusifs déposées par le syndicat des Teamsters. Téo Taxi a cependant déjà fait savoir qu’elle allait les contester devant le tribunal.

Investissements importants

À ce jour, le Fonds de solidarité FTQ a investi 7 millions $ dans Taxelco, qui a Téo Taxi, Taxi Hochelaga et Taxi Diamond, en plus d’un autre 6,5 millions $ dans sa maison-mère, XPND Croissance, pour un total de 13,5 millions $.

«Il n’y a pas de nouveaux investissements qui ont été autorisés. On est toujours sur la première autorisation accordée», a insisté le patron de la FTQ, Daniel Boyer hier.

M. Boyer ne s’en cache pas : il est de plus en plus préoccupé par la compagnie de taxis électriques. «On va regarder ce que l’on peut faire. Je ne sais pas ce qui va se passer avec Téo Taxi», a-t-il affirmé.

«Bilan social»

Hier, Daniel Boyer a expliqué que le «bilan social» de Téo Taxi avait bel et bien passé le test quand la décision d’investir dans la société a été prise, mais que la situation a changé en raison des plaintes pour congédiements abusifs.

«Si aujourd’hui on se refaisait un bilan social, on se poserait probablement d’autres questions. Ça nous inquiéterait davantage», a-t-il partagé.

Le Fonds de solidarité FTQ de plus de 14 milliards $ d’actif met souvent de l’avant le «volet social» des entreprises dans lesquelles il met ses billes. Pour lui, c’est un argument de vente important pour attirer de nouveaux épargnants.

Sur son site web, le fonds de travailleurs s’engage à faire toujours «des vérifications préalables à tout investissement, qui tiennent compte du profil de la main-d’œuvre, des conditions de travail, de la qualité des communications dans l’entreprise».

Or, c’est précisément les conditions de travail et la qualité des communications dans l’entreprise qui sont montrées du doigt par des ex-employés de Téo Taxi qui s’estiment avoir été «injustement congédiés» à cause de leurs activités syndicales.

Nouveau syndicat

Il y a deux semaines, le Tribunal administratif du travail (TAT) a reconnu par ailleurs l’accréditation syndicale des Teamsters, affilié à la FTQ, des 400 travailleurs de la flotte de taxis vert et blanc.

Ces derniers mois, les relations de travail entre les chauffeurs de Téo Taxi et la direction de l’entreprise ont été très tendues. À un certain moment, plus de 30 chauffeurs ont été remerciés en l’espace de quelques semaines.

Aujourd’hui, l’atmosphère est bonne chez les chauffeurs, selon la directrice des communications de la maison-mère de Taxelco, Jessica Théroux, qui a dit récemment battre des records de courses grâce à eux.

 

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