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Une travailleuse du sexe dissocie son métier de l'exploitation

Jean-Philippe Daoust | Journal de Montréal

Rosalie, une travailleuse du sexe, a tenu à faire la distinction entre son travail et l’exploitation sexuelle, mercredi, sur les ondes de QUB radio.

Écoutez l'entrevue intégrale à QUB radio dans la vidéo ci-dessus.

Selon elle, lorsqu’une femme est «forcée» de vendre son corps, il n’est plus question de travail du sexe. «J’appellerais plus ça de l’exploitation ou du trafic humain, parce que le travail du sexe implique un consentement», insiste la jeune femme de 22 ans, qui était l’invitée de Richard Martineau mardi matin.

Au micro de QUB radio, Rosalie a assuré faire son métier par choix, y voyant même un certain nombre d’avantages. Tellement qu’elle ne se voit pas pratiquer un métier «normal».

«J’ai la liberté de faire ce que je veux, je n’ai pas de code vestimentaire. Je n’ai pas besoin de plaire à quelqu’un comme si j’étais serveuse. Je n’ai pas de patron. Je n’ai pas d’horaire, c’est moi qui fais mon horaire. Si je n’ai pas envie de travailler, je ne travaille pas», a-t-elle exposé.

Elle a d’ailleurs raconté «avoir essayé un soir» et être «tombée en amour avec la liberté» que lui procure son métier.

Normaliser le travail du sexe

Rosalie a appelé à une «normalisation» du plus vieux métier du monde, dénonçant la stigmatisation dont font objets les travailleuses du sexe.

Dans le même ordre d'idées, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) a reconnu le week-end dernier la prostitution en tant que travail pouvant être pratiqué, de manière consentante, par les travailleuses du sexe.

Rosalie considère d’ailleurs que la population québécoise est prête pour la décriminalisation de la prostitution. «Moi j’aimerais ça en tout cas, j’espère qu’on est prêts. Je pense qu’on l'a vu en fin de semaine avec la FFQ (...) Je pense qu’on vient de franchir un gros pas dans l’histoire du travail du sexe.»

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