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La Banque de Montréal s’en prend aux géants du web

Pierre Couture

 - Agence QMI

Le grand patron de la Banque de Montréal (BMO) au Québec, Claude Gagnon, dénonce les géants du web comme Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA) qui accumulent des données sur les citoyens sans encadrement.

«Les gens ne réalisent pas à quel point les entreprises sont capables d’accumuler des données personnelles. Il faut être très prudent», a indiqué hier le président de BMO au Québec, Claude Gagnon, en marge d’une conférence prononcée devant les membres de la Chambre de commerce de Québec.

Selon ce dernier, le manque de réglementation dans le secteur de l’intelligence artificielle laisse le champ libre aux géants du web pour «enregistrer, compiler et vendre le moindre de nos mouvements, de nos achats et de nos clics» sur le web. Une situation où les aspects de la vie privée et de l’éthique sont laissés de côté.

Révolution technologique

D’après le président de la BMO au Québec, l’intelligence artificielle développée dans les laboratoires des géants du web de la Silicon Valley sera la véritable révolution technologique à observer au cours des prochaines années.

«Il y a dans cette révolution un potentiel extraordinaire. Mais il faut l’encadrer au plus vite. Les données vont devenir une ressource. À qui elles appartiennent ? On doit légiférer», a-t-il martelé.

Celui qui travaille depuis 43 ans à la BMO rappelle que l’on a assisté au cours des dernières années à l’émergence du plus grand transporteur de passagers au monde (Uber) et du plus grand hôtelier de la planète (Airbnb) sans que ces derniers détiennent une seule voiture ni un hôtel.

Cette sortie du patron de la BMO au Québec arrive alors que les géants du web parlent de plus en plus de se lancer dans les services financiers en investissant massivement dans des jeunes FinTech. Aux États-Unis, plus de 1000 petites entreprises travaillent actuellement à développer des applications technologiques pour le secteur financier.

Une menace pour les banques

Google, Apple, Facebook et Amazon ont déjà commencé à travailler avec des poids lourds de l’industrie financière (Goldman Sachs et JP Morgan) pour développer des produits financiers qui seront offerts sur leurs plateformes.

En Europe tout comme aux États-Unis et au Canada, les grands dirigeants de banques et d’assureurs réclament une réglementation plus serrée pour freiner l’arrivée des mastodontes du web dans leur industrie.