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Une perte de temps et d’argent pour les PME du Québec

Diane Tremblay | Agence QMI

 - Agence QMI

Les conséquences de la grève à Postes Canada se font sentir chez les entreprises québécoises, qui doivent répondre à des clients mécontents de ne pas avoir reçu leur colis dans les délais prévus.

Après Sherbrooke et les îles de la Madeleine, c’est au tour de Montréal d’être touchée par les grèves tournantes des employés de Postes Canada.

Quelque 6000 travailleurs syndiqués sont en arrêt de travail pour 24 ou 48 heures.

Aucune livraison ni aucun ramassage de colis et de courrier ne sont donc effectués dans la métropole.

«On se retrouve sans aucun plan B», déplore William Giroux, copropriétaire de KaseMe, qui fabrique des étuis pour téléphones cellulaires à Saint-Georges de Beauce.

Faire affaire avec des entreprises comme FedEx serait beaucoup trop coûteux, selon lui.

Envoyer un étui coûte entre 2,50 $ et 3 $ avec Postes Canada, alors qu’avec un transporteur comme FedEx ou UPS, les coûts d’expédition s’élèveraient à environ 8 $.

Près de 65% des ventes de KaseMe sont réalisées en ligne, principalement au Québec, mais aussi ailleurs au Canada. Depuis le début de la grève tournante, l’entreprise a même dû procéder à une vingtaine de remboursements.

Plus de retards qu’à l’habitude

Pour éviter les mauvaises surprises, la PME avise maintenant systématiquement ses clients des retards possibles. Avec la perturbation des activités du centre de tri de Montréal, M. Giroux commence à désespérer un peu, surtout parce qu’il voit arriver l’achalandage du Vendredi fou.

«Déjà qu’on doit se battre contre Amazon. Pour moi, c’est une perte de temps et d’argent.»

Selon Mathieu Lessard, le propriétaire de la plateforme Buster Fetcher, qui surveille à l’année les délais d’expédition pour ses clients, les retards se sont allongés depuis le début de la grève.

«Cela a une incidence directe, c’est sûr», a fait part M. Lessard, chargé de réclamer les frais d’expédition pour ses clients en cas de retard de livraison pour différents services postaux. Le département de réclamations de sa compagnie roule à plein régime.

Cette grève à Postes Canada est source de casse-tête et d’inquiétude pour les entreprises, soutient la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Son président-directeur général, Stéphane Forget, enjoint d’ailleurs les parties à trouver une entente rapide à ce conflit.