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Des messages de sensibilisation difficiles à entendre dans le métro

Camille Dauphinais-Pelletier | Agence QMI

Les conseils de Michèle, vedettes d’une campagne de sensibilisation qui résonne dans le métro depuis une semaine, sont inaudibles et agaçants, selon plusieurs clients de la STM.

Les messages audio contiennent chacun un «conseil de Michèle», qui encourage les passagers à faire preuve de savoir-vivre, par exemple en ne bloquant pas les portes des wagons avec son parapluie comme «un grand samouraï». Le ton est humoristique, l’actrice Michèle Deslauriers (dont la voix est déjà utilisée pour l’enregistrement du nom des stations dans le métro) donnant ses conseils sous forme de blague.

Les capsules débutent par une série de notes de musique, durent une quinzaine de secondes et sont diffusées dans les stations et les wagons de métro à intervalles réguliers.

Sur la page Facebook de la STM, des dizaines de personnes ont exprimé leur mécontentement par rapport aux messages, les jugeant inaudibles et agaçants par leur fréquence, voire condescendants dans le ton.

Les commentaires recueillis par le «24 Heures» vont dans le même sens: que ce soit dans les trains M-73 ou même dans les Azur, les messages sont difficiles à saisir, et c’est encore plus vrai pour la clientèle anglophone, a-t-on pu constater.

«D’un côté la stratégie est bonne, parce qu’on pense que ce sera une annonce importante et on se met à écouter. Mais le message est un peu long et pas très fort, donc on perd le fil. Surtout quand on comprend ce que c’est, on ignore les suivants», a affirmé la jeune Alice Marroquin-Éthier, croisée à la station Berri-UQAM.

D’autres doutent du ton employé et de l’efficacité qu’aura la campagne. La Montréalaise Mélanie Jannard a été surprise de voir une affiche sur laquelle Michèle enjoint les clients à ne pas monter dans le métro s’ils ont envie de vomir. «Je trouve que c'est juste un message qui culpabilise les personnes qui vomissent dans le métro... et on s’entend que ça ne doit pas être quelque chose que les gens font régulièrement et par exprès», dit-elle.

Parlez-en en bien, parlez-en en mal...

Une chose est sûre : la campagne attire l’attention. Trois vidéos mises en ligne par la STM ont déjà été visionnées entre 21 000 et 36 000 fois chacune, et des commentaires positifs se glissent dans le lot. Certains suggèrent même à Michèle de s’attaquer aussi au problème des sacs à dos dans les wagons bondés.

«C’est la première fois qu’une campagne du genre est diffusée dans le métro et nous sommes conscients que les clients ne sont pas habitués à y entendre des messages de ce type. Comme la campagne est encore jeune, nous évaluons la réaction du public en continu pour évaluer s’il est nécessaire d’apporter des ajustements», a expliqué Philippe Déry, conseiller corporatif à la STM.

La fréquence de diffusion a déjà été diminuée quand la STM a constaté que certains clients entendaient trop souvent le même message lors d’un trajet donné. La campagne devrait se dérouler jusqu’au 1er décembre, mais le calendrier pourrait être ajusté.

Selon la STM, la majorité des interruptions de service survenues en 2017 auraient pu être évitées si les clients avaient adopté les bons comportements lors de leurs déplacements.

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