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La Cour suprême se penche sur le dossier d'une croix géante

Agence France-Presse

La Cour suprême des États-Unis a accepté vendredi d'examiner le dossier sensible d'une croix de 12 mètres de haut érigée près de Washington il y a 93 ans, accusée de violer le principe de séparation de l'Église et de l'État.

Ce dossier, dont le Sénat ne débattra pas avant 2019, sera un test pour le nouveau juge Brett Kavanaugh, un magistrat conservateur choisi par Donald Trump et confirmé de justesse par le Sénat début octobre après une âpre lutte politique.

Située à environ 8 kilomètres de la Cour suprême, la monumentale croix de Bladensburg, dans le Maryland, honore la mémoire de soldats américains tombés pendant la Première Guerre mondiale.

Pour l'association de défense de la laïcité American Humanist, elle viole le premier amendement de la Constitution, qui interdit à l'État de privilégier une religion à une autre, parce qu'elle est située sur un terrain public et que son entretien est financé par des fonds publics.

Après avoir perdu en première instance, l'association a obtenu raison en appel.

«Sa forme agrandit la croix latine de manière à faire penser à tout observateur raisonnable que ceux qui l'ont commandée placent le christianisme au-dessus des autres confessions et qu'être Américain et chrétien vont de pair», avait jugé le tribunal d'appel en décembre 2016.

La Légion américaine avait alors introduit un recours devant la Cour suprême, qui a accepté vendredi de se saisir de ce dossier éminemment politique.

Au-delà de cette croix, la décision de la plus haute juridiction américaine aura des conséquences pour de nombreux monuments érigés aux États-Unis et porteurs de symboles religieux.

Le gouverneur républicain du Maryland Larry Hogan a «remercié» dans un tweet la haute cour de s'être saisie du dossier. «Nous attendons avec impatience de voir le sujet clos», a-t-il ajouté, souhaitant voir la croix «continuer à se dresser pour les futures générations».

«Confiante» de ses «arguments juridiques», l'association American Humanist a de son côté estimé dans un communiqué que, «plutôt que de dépenser l'argent des contribuables pour réparer un symbole exclusivement chrétien, le gouvernement devrait utiliser cet argent pour construire un nouveau mémorial qui honorerait tous les soldats.»

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