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Les femmes plus sensibles aux vibrations que les hommes

Agence QMI

Both hands of woman wearing a blue jean shirt gripping wheel driving right hand drive car

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Les femmes seraient plus sensibles aux vibrations produites par la machinerie et les véhicules que les hommes, ce qui augmenterait leur risque de blessure, montre une étude réalisée à l'Université Concordia.

La recherche menée par le professeur Subhash Rakheja montre que les femmes absorbent davantage de vibrations que les hommes pendant un quart de travail, par exemple au volant d'un autobus ou d'un tracteur.

Pour parvenir à ce constat, l'équipe de chercheurs a analysé 31 hommes et 27 femmes, dont les corps ont été analysés sous toutes les coutures avant qu'ils ne prennent place dans un appareil générant des vibrations verticales.

«Nous avons observé chez les femmes une absorption de puissance totale supérieure à celle mesurée chez des hommes aux dimensions anthropométriques comparables. Cependant, les femmes ont présenté un pic d’absorption d’énergie vibratoire inférieur à celui des hommes ayant une masse corporelle semblable», a expliqué par communiqué la semaine dernière Subhash Rakheja, un chercheur en génie mécanique à l’École de génie et d’informatique Gina-Cody. Celui-ci estime que les femmes courent ainsi «un plus grand risque de blessure».

Le phénomène s'expliquerait par la distribution de la masse adipeuse, soit les tissus gras, qui favorisent l'absorption des vibrations. Celle-ci se concentre généralement au niveau du bassin et des cuisses chez les femmes et dans le ventre chez les hommes.

Mieux développer les sièges équipant les véhicules lourds et la machinerie pourrait permettre de contrecarrer le phénomène. « Pensez au siège du conducteur dans un autobus municipal. Il est peut-être conçu pour un homme de plus de 130 kilos, et non pour une femme d’une cinquantaine de kilos. Pour elle, la suspension du siège ne fonctionne même pas – c’est comme si elle était assise sur une planche. Or, cela a des conséquences directes en ce qui a trait aux difformités lombaires et aux lésions articulaires», a exprimé le professeur Rakheja.

«Pour moi, les vibrations sont un poison lent qui peut exercer son effet après deux ans, cinq ans, voire dix ans. Les blessures liées à l’exposition aux vibrations sont jugées indemnisables dans de nombreux pays européens et dans certaines de nos provinces», a ajouté le spécialiste.

L'étude montréalaise a été publiée dans le «Journal of Low Frequency Noise, Vibration and Active Control».