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Les libéraux montrés du doigt pour les fermetures de magasins Rona

Marc-André Gagnon

 - Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

L’opposition péquiste pointe les libéraux du doigt à la suite des fermetures de plusieurs magasins Rona annoncées lundi matin par le géant américain Lowe’s.

« C’est ce qui arrive quand on ne protège pas les sièges sociaux. Les libéraux ont vendu Rona », a réagi la députée de Marie-Victorin et porte-parole péquiste en matière d’Économie, Catherine Fournier.

Du même coup, sur son fil Twitter, elle a invité la CAQ à s’engager à « présenter rapidement un vrai plan pour garder les fleurons du Québec Inc ».

Parmi la vingtaine de fermetures de magasins Rona annoncées au Canada, on en retrouve neuf au Québec, dont plusieurs dans des circonscriptions caquistes, dont Châteauguay, Saint-Jean-sur-Richelieu, Granby, Beauce-Nord et L’Assomption. Ce dernier comté est représenté par le premier ministre François Legault.

« Si M. Legault veut donner une véritable impulsion à sa volonté de faire du Québec un Québec plus entrepreneurial, plus nationaliste, il a là l’opportunité de lancer un signal fort, parce que lui est directement touché par une fermeture dans sa circonscription », a indiqué à ce sujet le leader parlementaire péquiste et député de René-Lévesque, Martin Ouellet.

« Une grave erreur »

Son ex-collègue de Rousseau défait le 1er octobre dernier, Nicolas Marceau, a lui aussi déploré la mauvaise nouvelle annoncée par Lowe’s, qui a mis la main sur Rona pour 3,2 milliard $ en février 2016.

« Quand on se contrefout des travailleurs, des fournisseurs et du Québec, ça donne des décisions comme celle annoncée par Lowe’s ce matin. Laisser Lowe’s acheter Rona était une grave erreur dont on subira longtemps les conséquences », a réagi sur Twitter l’ex-ministre des Finances péquiste.

Le Parti québécois s’était vivement opposé à l’époque à la transaction conclue avec l’accord de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Silence radio chez les libéraux

L’ex-ministre Dominique Anglade avait alors laissé entendre qu’il s’agissait d’une transaction bénéfique pour le Québec.

Interpelée par notre Bureau parlementaire, l’aile parlementaire libérale a fait savoir qu’il n’y aurait aucun commentaire sur ce dossier.

De son côté, le député de Québec solidaire, Vincent Marissal, en a profité pour questionner le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui était vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec à l’époque de la transaction.

«M. Legault a déploré la vente de Rona à des intérêts étrangers alors que son président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a défendu encore récemment cette transaction. Qui dit vrai au gouvernement et qui se lèvera pour défendre nos entreprises, leurs fournisseurs et nos emplois, ici, au Québec», a soulevé le député de Rosemont.

Québec solidaire en a profité pour relancer l’idée d’une commission parlementaire qui aurait pour objectif de revoir le rôle d’IQ et de la CDPQ.

« Le premier ministre Legault peut prouver qu'il est réellement différent du Parti libéral et expliquer son plan pour protéger les travailleurs et fournisseurs locaux », a déclaré la députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal.

Québec se dit « sensible »

Le gouvernement caquiste devait réagir plus tard lundi, par la voix de son ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbond.

La réaction est finalement venue en fin d’après-midi par son attaché de presse, Mathieu St-Amand, qui a assuré que « le gouvernement est sensible aux préoccupations des employés qui voient leur magasin fermer ».

Il a également rappelé que la CAQ s’est engagée à revoir le fonctionnement d’Investissement Québec.

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