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Trois arrestations en une fin de semaine à Saguenay

Jean Houle | TVA Nouvelles

Le message ne passe vraiment pas. Encore trois personnes ont été arrêtées la fin de semaine dernière à Saguenay alors qu'elles conduisaient avec les facultés affaiblies par l'alcool. Parmi elles, une mère de famille qui se trouvait avec sa fille de 12 ans dans le véhicule.

«Si une mère de famille ne comprend pas, personne ne va comprendre», lance Caroline Tremblay qui a perdu sa fille de 15 ans dans un accident provoqué par un multirécidiviste de l'alcool au volant, Terry Gravel, à Saint-Ambroise en mars 2013.

«Il faut que les gens pensent au mal qu'ils font», ajoute-t-elle.

La police de Saguenay intercepte environ 300 conducteurs par année pour l'alcool au volant. Le nombre est stable depuis plusieurs années. 

«Peut-être parce que les citoyens sont de plus en plus sensibilisés et nous appellent quand ils constatent quelque chose sur la route», dit le porte-parole du corps policier, Bruno Cormier. «Mais c'est évident que c'est un travail qui est toujours à faire.»

Caroline Tremblay avait lancé une pétition avec son conjoint Luc Simard, quelques semaines après l'accident impliquant Yves Martin à Chicoutimi, en août 2015. Martin, ivre au volant, avait tué une le père, la femme enceinte, et leur garçon de 4 ans. Madame Tremblay et son conjoint demandaient alors autant à Québec qu'Ottawa d'adopter des lois plus strictes contre l'alcool au volant.

«Je ne sais pas  si des peines minimales plus sévères permettraient de réduire le nombre de cas», plaide cependant le Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Sébastien Vallée. «D'autres crimes entraînent une peine minimale, mais sont tout de même commis.»

«Mais l'alcool au volant, c'est un crime facilement évitable», poursuit-il. «Il s'agit de faire l'équation: si je prends de l'alcool, je ne conduis pas. Il y a tellement de services de raccompagnement, de façons de ne pas prendre sa voiture. Mais les coupables tombent dans l'insouciance, et c'est justement là que ça devient dangereux, qu'il faut que ça cesse.»

Caroline Tremblay constate quelques petites avancées après sa pétition. Ottawa étudie la possibilité d'obliger les récidivistes à installer un éthylomètre à vie dans leur véhicule.

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